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Cameroun : Le prix du caoutchouc bondit de 6 % en mars 2026

Landry TYAGA19 mars 2026Mis à jour le 19 mars 2026Temps de lecture 3 min
Cameroun : Le prix du caoutchouc bondit de 6 % en mars 2026
L'ECONOMIE

373 FCFA le kilogramme. C’est le nouveau prix d’achat appliqué depuis le 3 mars 2026 par Hevecam aux petits producteurs qui lui approvisionnent du caoutchouc humide — dit Fonds de tasses (FDT) — dans la zone rurale de Ngok (arrondissement de Niété), dans les départements du Moungo (Littoral) et du Dja-et-Lobo (Sud), ainsi que dans les régions du Sud-Ouest, de l’Est et au Congo voisin.

Par rapport au tarif de février dernier (352 FCFA/kg), la progression atteint 21 FCFA, soit environ 6 %. Ce prix du caoutchouc humide est calculé en appliquant aux 60 % de charge sèche qui le caractérisent le prix du caoutchouc sec, lui-même établi à partir du prix moyen coté à la Singapore Exchange (Sicom), référence mondiale pour le caoutchouc naturel. Cette méthode, rigoureusement appliquée par Hevecam, garantit une corrélation directe entre les cours internationaux et la rémunération versée aux producteurs locaux.

Un marché sous influence asiatique

Le prix Sicom, fondé sur les contrats à terme de la Bourse de Singapour, reflète en temps réel les tensions de l’offre et de la demande mondiales. Celles-ci sont largement dictées par les trois géants asiatiques de la production — Thaïlande, Indonésie et Malaisie —, qui concentrent à eux seuls plus de 70 % de l’offre globale, et par l’appétit des industries du pneumatique en Chine, en Europe et aux États-Unis.

La légère reprise de mars 2026 s’explique par une tension modérée sur les stocks et une demande stable des grands transformateurs, en dépit des incertitudes climatiques persistantes dans les zones de plantation. Elle reste cependant fragile : la volatilité est une caractéristique structurelle du marché du caoutchouc. Aléas climatiques, variations du prix du pétrole ou ralentissements dans l’industrie automobile peuvent à tout moment inverser la tendance. Cette hausse témoigne néanmoins d’une certaine stabilisation après plusieurs mois de relative atonie.

Un signal encourageant pour les villageois

Pour les milliers de petits hévéaculteurs camerounais, cette augmentation — modeste mais réelle — améliore sensiblement leurs revenus nets, dans un contexte où les charges d’exploitation demeurent lourdes : main-d’œuvre, entretien des plantations, transport du latex vers les points de collecte.

Ces exploitants artisanaux, souvent regroupés en coopératives ou en groupements d’intérêt économique (GIE), assurent désormais une part croissante de l’approvisionnement d’Hevecam, dont l’usine de Niété traite chaque année plusieurs dizaines de milliers de tonnes de latex. Dès 2021, ils représentaient plus de 35 % des entrées de caoutchouc de l’usine, sur une production annuelle de l’entreprise d’environ 27 000 tonnes. Le partenariat n’a cessé de se renforcer depuis, avec la multiplication des points de collecte.

Au plan national, la production camerounaise de caoutchouc est évaluée à 36 701 tonnes (données INS, 2024), un chiffre en progression. Pour soutenir cette dynamique, le Programme national de développement du palmier à huile et de l’hévéa (PNDPHH), rattaché au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), finance la réhabilitation des plantations villageoises vieillissantes à travers la distribution de plants, d’intrants et des actions de formation.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMACLe prix du caoutchouc
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