Cameroun : Le pacte AgriConnect veut mobiliser 971,2 milliards FCFA pour transformer l’agriculture

Déclinaison nationale de l’initiative du Groupe de la Banque mondiale, le Pacte AgriConnect vise à renforcer les chaînes de valeur agricoles et à attirer davantage de capitaux privés. Le gouvernement prévoit d’y contribuer à hauteur de 201,6 milliards de FCFA.
Le Cameroun formalise sa déclinaison nationale d’AgriConnect, l’initiative du Groupe de la Banque mondiale destinée à transformer l’agriculture des petits exploitants en renforçant leur accès aux marchés, aux financements et aux technologies. À Yaoundé, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, a présidé le 15 septembre 2026 l’atelier de consolidation du Pacte AgriConnect pour le développement des chaînes de valeur. La rencontre a également été marquée par la signature d’une convention portant sur l’optimisation de deux fermes semencières.
À l’échelle mondiale, AgriConnect vise à accompagner 300 millions de petits exploitants d’ici à 2030, avec pour objectifs d’accroître la productivité agricole, de créer des emplois et de renforcer la sécurité alimentaire. L’initiative repose sur trois leviers : renforcer les infrastructures et les capacités nécessaires à la transformation du secteur agroalimentaire, améliorer l’environnement institutionnel et économique afin de faciliter l’investissement privé et développer les mécanismes de financement destinés à l’agriculture.
Au Cameroun, le pacte fait apparaître un besoin de financement de 971,2 milliards de FCFA. Le gouvernement prévoit d’apporter 201,6 milliards de FCFA, tandis que le solde doit être recherché auprès des partenaires techniques et financiers et du secteur privé. Le schéma envisagé repose notamment sur des financements mixtes, des fonds d’investissement agricoles et des partenariats public-privé. Ces montants correspondent à l’architecture financière annoncée pour le pacte et non à des ressources déjà intégralement mobilisées.
Cette mobilisation de capitaux doit accompagner une transformation plus large des chaînes de valeur. L’approche d’AgriConnect ne se limite pas au financement des exploitations. Elle intègre les infrastructures rurales, l’irrigation, le stockage, les services numériques, la recherche, la formation, l’assurance agricole et la connexion des producteurs aux marchés. La Banque mondiale présente ainsi le dispositif comme un moyen de faire passer les petits exploitants d’une logique de subsistance à une agriculture davantage orientée vers les marchés.
Pour le gouvernement camerounais, le pacte doit accompagner la politique d’import-substitution et renforcer la sécurité alimentaire. L’objectif affiché est également d’accroître la production nationale et de développer les capacités d’exportation dans les filières agricoles, d’élevage et d’aquaculture. Le dispositif doit ainsi contribuer à une meilleure intégration des producteurs dans les chaînes de valeur et à une augmentation de la contribution du secteur à l’économie.
Le choix du financement constitue l’un des axes structurants du dispositif. À l’échelle internationale, AgriConnect entend mobiliser davantage les banques, les assureurs, les investisseurs et les entreprises agroalimentaires, notamment grâce aux mécanismes de garantie, à l’assurance agricole et à des instruments destinés à réduire les risques associés aux investissements.
Le Minader présente enfin AgriConnect non comme un programme supplémentaire, mais comme un cadre destiné à mettre en cohérence les politiques et interventions existantes. Le pacte doit servir d’accélérateur à des investissements déjà engagés ou programmés, avec une priorité donnée à la production, au financement et à la compétitivité des chaînes de valeur.
Le Cameroun rejoint ainsi le mouvement d’appropriation nationale d’AgriConnect engagé dans plusieurs pays. La Banque mondiale indique que l’initiative est appelée à s’étendre à plus de 40 pays, chaque pacte étant adapté aux priorités agricoles et économiques du pays concerné.
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