Cameroun : Le nombre de personnes vivant avec moins de 1 730 FCFA par jour pourrait atteindre 9 millions en 2028
PremiumCette évolution intervient alors que la croissance économique reste insuffisante pour améliorer sensiblement les conditions de vie et que l’insécurité alimentaire continue de peser sur les ménages.
Cette évolution intervient alors que la croissance économique reste insuffisante pour améliorer sensiblement les conditions de vie et que l’insécurité alimentaire continue de peser sur les ménages.
Le Cameroun reste confronté à une forte pression sociale malgré une croissance économique positive. D’après le Baromètre économique de la CEMAC publié en août 2026 par la Banque mondiale, le nombre de Camerounais vivant avec moins de 3 dollars par jour pourrait progresser d’environ 840 000 entre 2025 et 2028, dépassant ainsi 9 millions de personnes. Cette évolution traduit les difficultés persistantes à transformer la croissance économique en amélioration significative du niveau de vie.
La situation s’inscrit dans un contexte régional marqué par une pauvreté largement répandue. La Banque mondiale estime à environ 25 millions le nombre de personnes vivant avec moins de 3 dollars par jour dans la CEMAC, soit 36,2 % de la population en 2025. La pauvreté devrait rester autour de 36 % en 2027-2028. L’institution estime que la croissance régionale, projetée à 3,2 % entre 2026 et 2028, restera exposée à plusieurs risques et ne suffira pas, à elle seule, à accélérer la réduction de la pauvreté.
Une croissance encore peu redistributive
Au Cameroun, le PIB a progressé de 3,2 % en 2025. Mais cette performance demeure insuffisante au regard de la dynamique démographique et des besoins en emplois et en revenus. La Banque mondiale souligne plus largement que la croissance de la CEMAC reste trop faible pour générer suffisamment d’emplois et améliorer les revenus par habitant.
La pression se manifeste également sur le front alimentaire. Les populations vulnérables restent exposées aux effets combinés des conflits, des chocs climatiques et des prix élevés. Le suivi de la sécurité alimentaire conduit par la Banque mondiale est actualisé mensuellement pour le Cameroun et intègre notamment les risques liés aux conflits, aux prix alimentaires et aux conditions climatiques.
Cette vulnérabilité est particulièrement forte dans les régions affectées par les crises sécuritaires. Dans les zones anglophones et dans l’Extrême-Nord, les déplacements de population et les perturbations des activités économiques réduisent les capacités de subsistance des ménages. À ces contraintes s’ajoute la diminution des financements humanitaires, qui limite les marges de réponse aux besoins les plus urgents.
Le défi de transformer la croissance en revenus
Pour inverser cette trajectoire, la Banque mondiale recommande aux pays de la CEMAC d’accélérer les réformes destinées à créer davantage d’emplois productifs, à améliorer les compétences et à renforcer les infrastructures et le capital humain. L’institution insiste également sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires et de favoriser une croissance davantage portée par le secteur privé.
Au Cameroun, la progression attendue du nombre de personnes vivant sous le seuil de 3 dollars par jour montre ainsi que la question ne se limite plus au rythme de croissance du PIB. Elle porte aussi sur la capacité de l’économie à créer des revenus suffisamment importants et accessibles pour absorber une population en augmentation et réduire durablement la pauvreté.
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