Sécurité alimentaire : Le Tchad interdit les exportations de céréales pour préserver l’offre intérieure

La mesure intervient dans un contexte de précipitations irrégulières et de fortes pressions sur les approvisionnements, alors que le pays compte plusieurs millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire.
Le Tchad renforce les restrictions sur les produits agricoles destinés aux marchés extérieurs. Par un arrêté signé le 9 septembre 2026, le ministère du Commerce et de l’Industrie a interdit, sur l’ensemble du territoire, l’exportation du mil, du maïs, du riz, du sorgho et du blé. La mesure concerne également les graines de coton et leurs dérivés, notamment les sons et les tourteaux. Les produits issus de l’arachide sont également visés.
Le sésame, l’arachide et le coton fibre restent toutefois autorisés à l’exportation. Toute autre dérogation doit faire l’objet d’une autorisation expresse du ministère du Commerce et de l’Industrie, sous peine de sanctions.
Cette décision intervient alors que les conditions de production agricole se dégradent dans plusieurs régions du pays. L’irrégularité des précipitations fait peser des risques sur les récoltes et pourrait réduire les disponibilités alimentaires, dans un contexte où l’offre intérieure doit déjà répondre à d’importants besoins.
Au 8 septembre, le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait à 3,5 millions le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire sévère au Tchad. Le pays accueille par ailleurs près de 1,5 million de réfugiés, notamment en provenance du Soudan voisin, ce qui accroît la pression sur les ressources et les systèmes alimentaires.
Dans plusieurs zones de l’Est et autour du lac Tchad, la situation devrait rester au niveau de crise, correspondant à la phase 3 sur l’échelle à cinq niveaux utilisée pour mesurer l’insécurité alimentaire, jusqu’en janvier 2027, selon les informations rapportées par les médias locaux.
Des importations facilitées
Le gouvernement agit également sur le front des approvisionnements extérieurs. Le 9 septembre, le ministre des Finances et du Budget, Tahir Hamid Nguilin, a accordé une exonération de droits et taxes à l’importation pour plusieurs denrées alimentaires, notamment le froment, le maïs, le mil et le riz. Certaines farines ainsi que des équipements agricoles bénéficient également du dispositif.
Les autorités cherchent ainsi à préserver l’offre disponible sur le marché intérieur tout en limitant les tensions sur les prix. Le chef de l’État s’est, de son côté, rendu à l’Office national de sécurité alimentaire pour s’enquérir du niveau des stocks. Il a annoncé la distribution gratuite de vivres dans les provinces les plus touchées et appelé les commerçants à ne pas profiter de la situation pour relever abusivement les prix.
La Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et de l’artisanat s’est félicitée de ces mesures. Leur efficacité dépendra notamment de leur mise en œuvre et du contrôle des flux commerciaux. Dans les zones frontalières, où les échanges avec les pays voisins sont importants, la surveillance des sorties de produits agricoles constitue un enjeu supplémentaire pour préserver les disponibilités sur le marché intérieur.
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