BVMAC : Le micro-courtage de détail neutralise la cote

Jeudi 6 août 2026, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale a vécu une séance à l’image de son marché (parfaitement stable, et quasiment vide). L’indice BVMAC All Share Index a clôturé inchangé, à 1 138,20 points, après l’apurement méthodique de quelques micro-ordres d’achat, pour un volume total de 1,37 million de FCFA au franc près.
Le jeudi 6 août 2026, la BVMAC a exécuté 8 transactions d’une précision d’horloger, portant sur à peine 35 titres pour un montant global de 1,37 million de FCFA. L’analyse du bulletin officiel n° 2567 révèle un mécanisme d’exécution chirurgical. Les 22 titres SOCAPALM demandés à l’achat ont trouvé preneur auprès d’autant de vendeurs, au cours de compensation de 50 000 FCFA, soit 1,1 million de FCFA de volume, l’essentiel de la séance. Les 12 titres SCG-Re ont changé de mains à 20 000 FCFA l’unité (240 000 FCFA de volume), et une unique action SAFACAM s’est négociée à 35 100 FCFA, sans le moindre écart de cours.
Résultat, l’indice de référence est resté figé à 1 138,20 points (0,00 %), et la capitalisation du marché actions n’a pas varié, à 1 802,41 milliards de FCFA.
Plus de 500 millions de FCFA en sommeil dans les carnets
Sur la place financière de Douala, la liquidité affichée ne reflète pas toujours la réalité des intentions d’investissement. Cette séance en offre une démonstration cinglante : alors que le volume global transigé s’est effondré de 77,8 % par rapport à la séance du mercredi 5 août (6,21 millions de FCFA) pour plafonner à 1,37 million de FCFA, les carnets d’ordres des sociétés de bourse concentrent en réalité plus de 500 millions de FCFA de transactions en attente.
Cet engorgement traduit une asymétrie que le système de cotation au comptant ne parvient pas à résorber : la demande institutionnelle se heurte à un mur d’illiquidité côté vendeurs. Parmi les ordres bloqués, plus de 237 millions de FCFA réservés à l’acquisition de 2 638 titres BGFI Holding Corporation, et 42 millions de FCFA destinés à 1 198 actions SAFACAM, demeurent ainsi totalement improductifs, faute de contrepartie.
Le compartiment obligataire n’est pas mieux loti : aucune transaction n’y a été enregistrée sur les 32 lignes cotées, pour un encours de dette publique et privée inchangé à 1 228,83 milliards de FCFA. Tant que les intermédiaires financiers n’auront pas mis en place de véritables mécanismes de tenue de marché, capables d’apporter la contrepartie qui manque aujourd’hui, la BVMAC continuera d’afficher des carnets d’ordres pleins, et des volumes exécutés faméliques.
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