BVMAC : BGFI Holding Corporation et Socapalm relancent la machine après deux séances atones

L’indice vedette de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale a repris de la hauteur mercredi 15 juillet, porté par deux valeurs qui font régulièrement l’actualité de la place boursière de Douala, à savoir BGFI Holding Corporation et Socapalm. Mais ce sursaut du compartiment actions coïncide avec un mouvement inverse, bien plus lourd, sur la dette. L’encours obligataire coté a fondu de plus de 37 milliards de FCFA en une séance, sous l’effet d’un remboursement programmé de l’État gabonais.
Après deux séances atones en ce début de semaine, le compartiment Actions a retrouvé un peu de souffle mercredi, avec un volume de transactions de 22,72 millions de FCFA sur 293 titres échangés. Deux valeurs ont porté cette reprise. BGFI Holding Corporation, la holding du groupe bancaire gabonais cotée depuis mai 2026 et première capitalisation de la cote régionale, a progressé de 1,18 % pour s’établir à 86 000 FCFA, sur un échange de 218 actions représentant 18,75 millions de FCFA. Socapalm, l’agro-industriel camerounais coté sur la même place, a de son côté bondi de 4,59 % à 53 000 FCFA, avec 75 titres échangés pour près de 4 millions de FCFA.
Ce double dynamique a suffi à tirer les indicateurs vers le haut : le BVMAC All Share Index gagne 0,47 % à 1 141,46 points, et la capitalisation du compartiment Actions regagne près de 12 milliards de FCFA pour s’établir à 1 758,46 milliards de FCFA. Les cinq autres émetteurs cotés sur ce segment sont restés inchangés.
Une contraction mécanique, pas un désaveu du marché
Ce regain d’optimisme sur les actions masque cependant un mouvement de bien plus grande ampleur sur le compartiment obligataire. Alors qu’aucune transaction n’a été enregistrée sur la dette lors de cette séance, l’encours global des obligations cotées a chuté de 2,93 %, passant de 1 265,93 milliards à 1 228,83 milliards de FCFA, soit une contraction de 37,1 milliards de FCFA en 24 heures.
Cette baisse ne traduit aucun mouvement de défiance des investisseurs. Elle correspond à l’amortissement annuel programmé d’une partie du principal de la ligne souveraine « EOG 6,25% NET 2023-2028 » (EGA08) émise par l’État gabonais, dont le remboursement de la troisième échéance était planifié de longue date pour cette date du 15 juillet.
Si cet épisode illustre la régularité de l’émetteur public gabonais dans le respect de ses engagements, il met aussi en lumière une fragilité structurelle du marché obligataire régional. Faute de nouvelles émissions d’envergure pour renouveler le papier arrivant à échéance, le compartiment tend mécaniquement à se contracter à chaque remboursement, sans qu’aucun mouvement compensatoire ne vienne reconstituer l’encours.
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