Face à un déficit de 30 milliards de dollars, l’Afrique cherche à changer de modèle de financement de l’eau

Selon l’Union africaine et le Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW), le continent doit mobiliser chaque année entre 45 et 64 milliards de dollars pour atteindre la sécurité hydrique, alors que les montants effectivement investis se situent entre 10 et 19 milliards de dollars. Le déficit annuel qui en résulte avoisine 30 milliards de dollars.
Le Forum africain de l’eau s’est ouvert le 15 juillet 2026 sous l’égide du Gouvernement tchadien et du Groupe de la Banque mondiale. L’événement, organisé dans le cadre de l’initiative Water Forward lancée par la Banque mondiale en avril, réunit des chefs d’État, des ministres des finances et des partenaires techniques et financiers autour de Pactes nationaux pour l’eau, des cadres destinés à intégrer réforme des politiques publiques, renforcement institutionnel et planification des investissements dans une même approche.
Les conséquences économiques du sous-investissement dépassent le seul accès à l’eau potable. Selon des travaux cités par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, le manque d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène coûte au continent environ 5 % de son produit intérieur brut chaque année, soit près de 200 milliards de dollars, en pertes de productivité et en dépenses de santé liées aux maladies hydriques.
Prenant la parole à N’Djamena, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a plaidé pour une adaptation des instruments de financement aux réalités du continent et pour une plus grande place des expertises locales dans la conduite des projets hydrauliques, estimant que les solutions durables doivent être conçues avec les expertises africaines. Il a présenté les réformes engagées par son pays (adoption d’un Code de l’eau, séparation de l’opérateur historique SEEG en deux sociétés, élaboration d’un Pacte national hydrique et d’un portefeuille de projets prioritaires) comme une contribution à cette dynamique continentale.
Le président tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, a ouvert officiellement les travaux du Forum et annoncé la suppression des visas pour les ressortissants africains se rendant au Tchad, une mesure destinée à favoriser l’intégration régionale. Des interventions de plusieurs chefs d’État, dont le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et le président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont ponctué la première journée, consacrée au passage « de la vision à l’action ».
Les discussions se poursuivent ce jeudi, avec l’ambition de faire adopter une feuille de route d’investissement et de mobiliser des financements publics, privés et mixtes autour des Pactes nationaux.
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