Balance des paiements : Le déficit du compte courant du Cameroun s’aggrave au premier trimestre 2026
PremiumIl a atteint 536,2 milliards de FCFA, contre 392,3 milliards au quatrième trimestre 2025. La dégradation s’explique notamment par le creusement du déficit des services et des revenus primaires, ainsi que par le recul de l’excédent des revenus secondaires.
Le déficit du compte courant du Cameroun s’est creusé au premier trimestre 2026. Selon la note de conjoncture du ministère des Finances, il s’est établi à 536,2 milliards de FCFA, contre 392,3 milliards au quatrième trimestre 2025, soit une détérioration de 143,9 m…
Il a atteint 536,2 milliards de FCFA, contre 392,3 milliards au quatrième trimestre 2025. La dégradation s’explique notamment par le creusement du déficit des services et des revenus primaires, ainsi que par le recul de l’excédent des revenus secondaires.
Le déficit du compte courant du Cameroun s’est creusé au premier trimestre 2026. Selon la note de conjoncture du ministère des Finances, il s’est établi à 536,2 milliards de FCFA, contre 392,3 milliards au quatrième trimestre 2025, soit une détérioration de 143,9 milliards. Sur un an, l’évolution est plus marquée : le pays affichait encore un excédent de 263,2 milliards au premier trimestre 2025.
Cette dégradation « résulte principalement de l’aggravation du déficit des services, des revenus primaires et de la baisse de l’excédent des revenus secondaires », explique le ministère des Finances.
Le solde des biens s’améliore toutefois légèrement. Son déficit passe de 387,2 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025 à 366 milliards au premier trimestre 2026. Cette évolution s’explique par une diminution des importations FOB de 259,4 milliards, plus importante que celle des exportations FOB, en recul de 238,2 milliards.
Du côté des exportations, la baisse provient principalement des ventes de cacao brut en fèves, en recul de 103,9 milliards de FCFA, d’huiles brutes de pétrole (-25,6 milliards) et de gaz naturel liquéfié (-23,7 milliards). Pour les importations, la contraction concerne notamment les appareils d’optique et de photographie (-122,4 milliards), le riz (-47,2 milliards), les appareils de téléphonie (-19,5 milliards) et les poissons de mer congelés (-14,8 milliards).
Les services et les revenus pèsent davantage
Le déficit des services s’est, en revanche, fortement dégradé. Il atteint 154,7 milliards de FCFA, contre 74,2 milliards au trimestre précédent, soit une aggravation de 80,5 milliards. Le ministère des Finances l’explique notamment par l’augmentation des dépenses liées au transport, la baisse des recettes de voyages et la progression des dépenses du poste « autres services ».
Le déficit des revenus primaires s’est également accru de 38,4 milliards pour atteindre 138,7 milliards. Cette évolution est principalement liée à la hausse des intérêts versés au titre de la dette publique extérieure. Dans le même temps, l’excédent des revenus secondaires a diminué de 46,2 milliards, à 123,1 milliards de FCFA.
Le compte courant retrace ainsi les échanges de biens et de services, mais également les revenus primaires et secondaires. Sa dégradation traduit donc une détérioration de la position extérieure courante du pays, sans se résumer au seul niveau des importations et des exportations de marchandises.
À elle seule, cette évolution ne signifie pas que le Cameroun devra nécessairement accroître son endettement extérieur. Le déficit courant doit être financé par les autres composantes de la balance des paiements, notamment le compte de capital et le compte financier. Lorsque les ressources disponibles ne suffisent pas, les besoins de financement extérieur peuvent toutefois augmenter.
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