Industries de transformation : Le patronat et les syndicats relancent les négociations salariales

La commission mixte paritaire chargée de réviser la convention collective du secteur a repris ses travaux le 21 octobre 2026 au siège du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam) à Douala.
La révision de la convention collective nationale des industries de transformation remet la question salariale au centre du dialogue social au Cameroun. La commission mixte paritaire a repris ses travaux en date du 21 octobre, avec pour objectif de réexaminer les dispositions qui encadrent les rémunérations et les conditions de travail dans le secteur. À l’ouverture des échanges, le président du Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam), Samuel Nkondo a défendu une ligne de négociation fondée sur la conciliation des revendications sociales et de la viabilité économique des entreprises.
Le représentant du patronat reconnaît la légitimité des attentes des travailleurs, confrontés à l’érosion de leur pouvoir d’achat. Il rappelle toutefois les difficultés auxquelles sont exposés les industriels, dont certains luttent « parfois simplement » pour préserver leur activité et leurs emplois. La hausse des coûts de l’énergie, du transport, des matières premières et du financement, conjuguée à la pression fiscale et à la concurrence des produits importés, réduit les marges de manœuvre des entreprises.
Le pouvoir d’achat au cœur des discussions
La conjoncture des prix nourrit les revendications salariales. Selon l’Institut national de la statistique (INS), l’inflation en glissement annuel a atteint 3,4 % en juillet 2026, contre 3 % en juin et 2,7 % en mai. Si son niveau moyen sur douze mois reste contenu à 2,6 %, sous le seuil communautaire de 3 %, la progression des prix alimentaires continue de peser sur les budgets des ménages.
Pour illustrer les contraintes auxquelles sont confrontés les employeurs, le président du Syndustricam a invoqué cette formule populaire : « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». Une manière de rappeler que les augmentations négociées doivent tenir compte de la capacité des entreprises à supporter durablement les charges salariales.
Les représentants des travailleurs ont, de leur côté, déjà formalisé leurs attentes. En janvier 2025, les organisations syndicales du secteur avaient transmis au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, 26 propositions de modification de la convention collective, portant principalement sur les droits et les conditions de travail. Le texte, signé le 6 janvier 2023, avait notamment prévu des revalorisations différenciées de la grille salariale.
La négociation se déroule également dans la perspective d’une nouvelle revalorisation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG). Le 1er mai 2026, le ministre du Travail, Grégoire Owona, a annoncé qu’il serait révisé « dans les années à venir », sans préciser le montant ni le calendrier.
Cette perspective pourrait avoir des répercussions sur les grilles conventionnelles et les charges des entreprises. La commission devra trouver un compromis entre amélioration des revenus des salariés et préservation de la compétitivité industrielle, sans compromettre les capacités d’investissement et de maintien de l’emploi.
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