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Africa Finance Corporation internalise son assurance-crédit via une captive aux Bermudes

Francois Gael Mbala2 septembre 2026Mis à jour le 2 septembre 2026Temps de lecture 2 min
Africa Finance Corporation internalise son assurance-crédit via une captive aux Bermudes
L'ECONOMIE

Plutôt que de continuer à dépendre exclusivement des assureurs privés londoniens, l’institution panafricaine a annoncé le 31 août la naissance d’AFC Captive Insurance Company Ltd, une filiale d’assurance qu’elle détient intégralement, immatriculée aux Bermudes et capitalisée à hauteur de 30 millions de dollars, soit environ 17 milliards de FCFA.

L’Africa Finance Corporation (AFC) change de méthode dans la couverture des risques liés à ses financements d’infrastructures. Elle a annoncé, le 31 août, la création d’AFC Captive Insurance Company Ltd. Selon les informations de L’Economie, cette nouvelle structure doit permettre à l’entreprise de réduire sa dépendance aux assureurs privés londoniens pour la couverture de son portefeuille de prêts. Jusqu’ici, les risques associés aux financements accordés aux États et aux entreprises étaient notamment couverts auprès d’assureurs tiers, en contrepartie du paiement de primes. Avec cette captive, l’institution entend désormais conserver une partie de cette activité au sein de son propre groupe.

La nouvelle entité concentrera dans un premier temps ses activités sur le portefeuille de prêts de l’AFC. Jusqu’à 20 % de sa capacité pourra ensuite être consacrée aux filiales du groupe ou à des clients externes. Sa direction a été confiée à Wola Asase, jusque-là responsable des opérations de syndication de l’institution.

Un dispositif à double portée

Le choix de l’AFC répond à une logique à la fois financière et prudentielle. Sur le plan financier, la captive doit permettre à l’institution de mieux maîtriser le coût de couverture de ses risques. Plutôt que de transférer systématiquement les primes aux assureurs internationaux, l’AFC pourra en conserver une partie au sein de sa propre structure et déterminer ses propres barèmes.

L’enjeu est également lié aux exigences de fonds propres. Les prêteurs doivent mobiliser du capital pour couvrir leurs engagements. Lorsqu’un crédit bénéficie d’une couverture d’assurance, cette exigence peut généralement être réduite. Pour l’AFC, le dispositif pourrait donc contribuer à soutenir une progression de ses financements sans nécessiter, à court terme, de nouvelles injections de capital de ses actionnaires.

L’initiative de l’AFC s’inscrit dans une dynamique plus large parmi les institutions financières africaines. La Banque ouest-africaine de développement travaille, depuis février 2025 et avec Africa Specialty Risks, sur la faisabilité d’un mécanisme similaire.

La Banque africaine de développement a, pour sa part, retenu une approche différente avec le programme Room2Run, qui consiste à transférer à des assureurs privés le risque associé à un portefeuille de crédits de deux milliards de dollars. Ces différentes initiatives traduisent une même recherche de solutions pour mieux maîtriser le coût et la gestion des risques associés au financement des économies africaines.

L’AFC aborde cette nouvelle étape avec une signature financière déjà établie. Moody’s lui attribue une note A3. En janvier 2026, S&P Global lui a accordé la note A, assortie d’une perspective positive.

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