Actualité en continu
Secteur viticole : La chancellerie Saint-Émilion annonce la formation de sommeliers au CamerounLenteurs administratives : Le Cameroun risque de perdre 292 milliards de FCFA de financements de la BADImmobilier : La SIC prépare un triplement de son capital à 226,8 milliards de FCFAIntroduction en Bourse : Renaprov Finance peine à convaincre les investisseurs de la CemacLe Labogenie clôture 2025 sur un bénéfice net de 180 millions de FCFALac municipal de Yaoundé : Le financement du projet dépasse la barre de 38 milliards de FCFABVMAC : La valeur des échanges recule de 85% quand le nombre de transactions bondit de 119%Hydrocarbures : Dangote s’invite dans les ambitions pétrolières du Cameroun aux côtés de la Sonara et de la SNHExtrême-Nord : Le projet de carrière de quartzite entre dans sa phase environnementaleFogadac : Plus de 345 milliards FCFA de réserve d’intervention au 30 juin 2026Secteur viticole : La chancellerie Saint-Émilion annonce la formation de sommeliers au CamerounLenteurs administratives : Le Cameroun risque de perdre 292 milliards de FCFA de financements de la BADImmobilier : La SIC prépare un triplement de son capital à 226,8 milliards de FCFAIntroduction en Bourse : Renaprov Finance peine à convaincre les investisseurs de la CemacLe Labogenie clôture 2025 sur un bénéfice net de 180 millions de FCFALac municipal de Yaoundé : Le financement du projet dépasse la barre de 38 milliards de FCFABVMAC : La valeur des échanges recule de 85% quand le nombre de transactions bondit de 119%Hydrocarbures : Dangote s’invite dans les ambitions pétrolières du Cameroun aux côtés de la Sonara et de la SNHExtrême-Nord : Le projet de carrière de quartzite entre dans sa phase environnementaleFogadac : Plus de 345 milliards FCFA de réserve d’intervention au 30 juin 2026Secteur viticole : La chancellerie Saint-Émilion annonce la formation de sommeliers au CamerounLenteurs administratives : Le Cameroun risque de perdre 292 milliards de FCFA de financements de la BADImmobilier : La SIC prépare un triplement de son capital à 226,8 milliards de FCFAIntroduction en Bourse : Renaprov Finance peine à convaincre les investisseurs de la CemacLe Labogenie clôture 2025 sur un bénéfice net de 180 millions de FCFALac municipal de Yaoundé : Le financement du projet dépasse la barre de 38 milliards de FCFABVMAC : La valeur des échanges recule de 85% quand le nombre de transactions bondit de 119%Hydrocarbures : Dangote s’invite dans les ambitions pétrolières du Cameroun aux côtés de la Sonara et de la SNHExtrême-Nord : Le projet de carrière de quartzite entre dans sa phase environnementaleFogadac : Plus de 345 milliards FCFA de réserve d’intervention au 30 juin 2026
L'Economie Business Summit 2026
Achetez désormais votre journal en ligne sur www.leconomie.info en toute sécurité
Infrastructure

Lenteurs administratives : Le Cameroun risque de perdre 292 milliards de FCFA de financements de la BAD

Julie Bilo’o23 juillet 2026Mis à jour le 23 juillet 2026Temps de lecture 5 min
Lenteurs administratives : Le Cameroun risque de perdre 292 milliards de FCFA de financements de la BAD
L'ECONOMIE

Du pont sur le fleuve Ntem à la route Ngoura-Yokadouma, plusieurs projets structurants, financés par la Banque africaine de développement (BAD) restent bloqués avant même leur démarrage. L’institution financière multilatérale attribue cette situation aux retards dans la signature des accords de financement et à la faiblesse des décaissements, symptômes des lenteurs qui continuent de pénaliser l’exécution des projets publics au Cameroun.

La BAD a approuvé, le 29 novembre 2023, un financement pour la construction d’un pont sur le fleuve Ntem, reliant le Cameroun à la Guinée équatoriale via la ville de Campo. Trois ans plus tard, le projet, estimé à plus de 97 milliards de FCFA au total, financé conjointement par la BAD, le Fonds africain de développement, l’Union européenne et la Banque de…

Du pont sur le fleuve Ntem à la route Ngoura-Yokadouma, plusieurs projets structurants, financés par la Banque africaine de développement (BAD) restent bloqués avant même leur démarrage. L’institution financière multilatérale attribue cette situation aux retards dans la signature des accords de financement et à la faiblesse des décaissements, symptômes des lenteurs qui continuent de pénaliser l’exécution des projets publics au Cameroun.

La BAD a approuvé, le 29 novembre 2023, un financement pour la construction d’un pont sur le fleuve Ntem, reliant le Cameroun à la Guinée équatoriale via la ville de Campo. Trois ans plus tard, le projet, estimé à plus de 97 milliards de FCFA au total, financé conjointement par la BAD, le Fonds africain de développement, l’Union européenne et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), n’a toujours pas démarré. Des deux côtés de la frontière, les mêmes lourdeurs : retards administratifs, absence de protocole d’entente finalisé.

Un risque d’annulation chiffré par la BAD elle-même

Le 14 juillet 2026, à Yaoundé, lors de la revue à mi-parcours du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028 Cameroun-BAD, couplée à la revue annuelle du portefeuille, les documents présentés par la Banque ont fait état de ce que sept opérations, représentant 373,419 millions d’unités de compte (UC), la monnaie de référence de la BAD, soit environ 292 milliards de FCFA, sont désormais éligibles à une annulation.

Il ne s’agit pas de fonds déjà versés, mais de prêts et de dons approuvés dont l’accord n’a jamais été signé, ou qui n’ont donné lieu à aucun décaissement des mois après leur signature. Six financements relèvent du premier cas ; le septième, le Projet d’aménagement des routes de désenclavement de la zone industrielle et portuaire de Kribi, phase 2 (PARZIK2),  a bien été signé, mais n’a enregistré aucun décaissement depuis plus de quinze mois, pour un montant de 34 millions d’UC (environ 26,5 milliards de FCFA).

Parmi les six projets non signés, celui qui concentre l’essentiel du risque n’est pas le pont sur le Ntem. C’est le Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers, consacré à l’aménagement de la route Ngoura-Yokadouma (156 km) dans l’Est, approuvé le 18 février 2026 pour 265,4 millions d’UC (environ 207 milliards de FCFA), soit 71 % du montant total menacé à lui seul. Viennent ensuite le pont sur le Ntem (59,97 millions d’UC), le projet d’appui à l’Université panafricaine phase 2 (3,64 millions d’UC, approuvé en décembre 2024), l’étude d’aménagement hydroélectrique de Minkouma sur le fleuve Sanaga (2,994 millions d’UC), l’étude de la cité universitaire CUA-Y2 (2,320 millions d’UC) et le projet de prévention des risques par la stabilisation au lac Tchad, PROSTABLT (5,095 millions d’UC, approuvé en novembre 2024). Ensemble, ces six financements non signés totalisent 339,419 millions d’UC, soit près de 265 milliards de FCFA.

Des délais bien supérieurs aux standards de la Banque

La revue du portefeuille pointe des lenteurs structurelles à chaque étape du cycle des projets. Au Cameroun, il faut en moyenne 12 mois entre l’approbation d’un financement et la signature de l’accord, contre une norme de 3 mois fixée par la BAD. L’entrée en vigueur du financement, qui suppose que toutes les conditions juridiques et administratives soient remplies, prend en moyenne 16 mois, contre 5 mois attendus. Et il s’écoule en moyenne 21 mois entre l’approbation d’un projet et son premier décaissement, contre un objectif de 12 mois.

Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a reconnu plusieurs obstacles lors de la revue, notamment la préparation insuffisante de certains projets, lenteurs dans la passation des marchés publics, capacités limitées de certaines unités de gestion, et mobilisation tardive des fonds de contrepartie que l’État camerounais doit apporter en complément des financements extérieurs.

Faire avancer le projet malgré tout

Au ministère des Travaux publics, on affirme que les blocages ne viendraient pas du côté camerounais. « Les financements vont être sauvés et le projet va continuer. Tout a été réglé pour la partie camerounaise », indique une source proche du dossier.

En avril 2026, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a reçu une mission conjointe de la BAD et de l’Union européenne pour faire le point sur le montage financier du projet et les conditions de son démarrage. Les échanges ont porté sur la restructuration du plan de financement, la mission ayant engagé la collecte de données actualisées en vue d’un schéma consolidé intégrant un possible don de l’Union européenne, estimé à environ 35 millions d’euros, mais conditionné à l’actualisation des instruments de sauvegarde environnementale et sociale.

Les discussions ont également porté sur l’opérationnalisation de l’Unité mixte de gestion appelée à assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée, ainsi que sur l’aménagement du poste frontalier. Le Cameroun privilégie un poste de contrôle unique, plus favorable à la fluidité des échanges, plutôt que la proposition initiale de postes juxtaposés.

La situation illustre la problématique des soldes engagés non décaissés (SEND), qui dépassent 5 000 milliards de FCFA fin mars 2026 selon la Caisse autonome d’amortissement. Un paradoxe pour un pays qui, par ailleurs, prévoit de mobiliser plus de 3 100 milliards de FCFA d’emprunts en 2026. Le taux global de décaissement des financements déjà approuvés par la BAD ne s’élève qu’à 26 %. Si le Cameroun veut éviter de perdre les 292 milliards de FCFA menacés, il devra soit négocier une annulation partielle des enveloppes, soit solliciter une prorogation d’échéances auprès de la Banque.

Contenu réservé aux abonnés Premium

Lisez la suite de cet article

Rejoignez les abonnés de L'Economieet accédez à l'intégralité des articles, analyses exclusives, archives et magazines numériques.

Tous les articles premiumArchives complètesJournal & Magazine PDFAccès immédiat
S'abonner pour accéder →

Déjà abonné ? Connectez-vous

Recevez notre briefing économique

Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail

Tags :Actualité du CamerounAfriqueBADCamerounCEMACFleuve NtemLenteurs administratives
Souscrivez à un abonnement numérique annuel à 50 000 FCFA