Le gouvernement tchadien a franchi mercredi une étape décisive dans la préparation du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3). Sous la présidence du ministre d’État en charge des Finances et de l’Économie, Tahir Hamid Nguilin, la Commission Nationale de la Population a tenu sa session de coordination en présence des membres du gouvernement, de la direction de l’INSEED et des partenaires techniques et financiers dont, la Banque mondiale et l’UNFPA en tête.

L’ordre du jour portait entre autres sur la validation des recommandations du Comité technique du recensement (CTR), l’arrêt du chronogramme du dénombrement général et la sécurisation des financements. La réunion intervient quelques heures seulement après que le CTR lui-même ait, le 10 mars, validé les questionnaires, manuels et dispositifs techniques du RGPH-3. Le dénombrement général est prévu pour le deuxième semestre 2026.

Ce RGPH-3 se distingue de ses prédécesseurs à plus d’un titre. Il intègre, pour la première fois depuis plus de cinquante ans, un module agricole, comblant un vide statistique béant depuis le dernier recensement agricole tchadien de 2014-2018. Il marque également le passage du pays à un recensement entièrement numérisé, s’appuyant sur des technologies géospatiales et une collecte sur terminaux mobiles. La cartographie censitaire, lancée en avril 2025 et validée en décembre par une experte internationale de l’UNFPA, couvre dix provinces et treize communes pilotes où se déroule, depuis le 28 février et jusqu’au 20 mars, une phase test grandeur nature.

Pour le ministre Nguilin, l’enjeu dépasse la technicité statistique. C’est un instrument de souveraineté, indispensable à la mise en œuvre du Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 ». Sans données fiables sur la population réelle, sa structure et ses activités rurales, aucune planification budgétaire sérieuse n’est possible. En d’autres termes, le RGPH-3 s’impose comme la condition préalable à la crédibilité d’un plan de développement à 30 milliards d’euros.

Un signal régional

Ce qui confère à cette session une résonance particulière, c’est son caractère simultané avec une dynamique identique au Cameroun. En adoptant la même semaine, la même architecture métrologique, ces deux États de la CEMAC ont un même impératif : rompre avec des décennies de vide statistique pour éclairer leurs politiques publiques respectives.

Share.
Leave A Reply Cancel Reply
Exit mobile version