Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) a réuni le 10 juin dernier à Yaoundé, l’ambassadeur Abdelkader Jamoussi, en poste à Yaoundé depuis le 1er avril 2026, et Hicham Chaoudri, directeur des affaires institutionnelles et des partenariats africains de Casablanca Finance City (CFC). L’ordre du jour était d’identifier les secteurs prioritaires dans le cadre des investissements directs marocains au Cameroun, de la signature de contrats commerciaux et de la création de joint-ventures avec les entreprises locales.
Le CFC, apprend-on, se positionne comme trait d’union entre les grands groupes privés internationaux et les acteurs locaux : « Nous avons les plus grandes entreprises américaines, européennes et asiatiques qui veulent investir en Afrique dans divers secteurs à partir de Casablanca. Toutes les entreprises qui sont dans notre écosystème s’intéressent beaucoup au Cameroun, raison pour laquelle nous sommes là », a indiqué Hicham Chaoudri. Le hub financier rassemble plus de 230 entreprises agréées issues de 28 pays, gérant plus de 8 milliards USD d’actifs, et s’est imposé comme première place financière africaine.
Selon les informations de L’Economie, la mission « CFC Africa Tour 2026 » réunira une vingtaine de membres de cet écosystème pour une escale au Cameroun en novembre. Les échanges avec le gouvernement camerounais ont également porté sur des pistes dans l’économie verte, notamment les mécanismes de séquestration du carbone à travers des programmes de reboisement, susceptibles de valoriser le potentiel forestier camerounais. La rencontre s’est tenue en présence du secrétaire exécutif du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) et d’un représentant de la CCIMA pour la région Centre, signalant que les filières agricoles à haute valeur ajoutée figurent parmi les débouchés visés.
Le cadre bilatéral mobilisé n’est pas nouveau. Le Maroc et le Cameroun entretiennent des relations diplomatiques depuis 1965, et les échanges commerciaux bilatéraux ont connu une forte expansion au cours de la dernière décennie, les opérateurs marocains renforçant leur présence dans les banques, les télécommunications, l’immobilier, le ciment et l’agroalimentaire. Mais les flux commerciaux intra-africains du Cameroun restent structurellement faibles. En 2024, les importations originaires d’Afrique ne représentaient que 10,9 % des dépenses totales d’importations, et les exportations vers le continent plafonnaient à 9,4 % des recettes totales. C’est précisément ce différentiel que la mission de novembre entend contribuer à réduire.


