Le printemps boursier semble s’être installé durablement sur la zone CEMAC. En une seule séance, le BVMAC All Share Index s’est propulsé à 1 147,20 points, effaçant les hésitations des semaines précédentes sous l’impulsion d’un carnet d’ordres particulièrement dynamique pour les fleurons de l’économie camerounaise. Cette poussée de fièvre acheteuse profite en premier lieu à la Safacam ainsi qu’à Socapalm. Les deux titres ont atteint le plafond de variation autorisée, s’adjugeant chacun une hausse de 10 % pour clôturer respectivement à 33 000 FCFA et 55 000 FCFA. Ce mouvement synchronisé témoigne d’un regain d’intérêt des gérants de portefeuille pour les valeurs de rendement liées aux matières premières agricoles.
Dans le sillage de ces géants, SEMC n’est pas en reste avec une progression de 2,04 % portant son cours à 50 000 FCFA. Ce dynamisme sectoriel permet à la capitalisation boursière totale du marché des actions d’atteindre 504,54 milliards de FCFA, contre 477,75 milliards lors de la veille. Toutefois, cette euphorie ne doit pas masquer l’étroitesse persistante du marché, le volume global transigé sur les actions restant limité à 118 titres pour une valeur totale de 5,54 millions de FCFA. La liquidité demeure le défi majeur de la place, comme en témoignent les carnets d’ordres encore en attente sur des valeurs comme La Régionale ou SCG-Ré, restées inchangées. Les investisseurs semblent désormais privilégier la qualité de la signature et la visibilité des dividendes dans un contexte de consolidation régionale.
Sur le front de la dette, l’ambiance est nettement plus mesurée. Le compartiment obligataire a enregistré une transaction unique portant sur 3 200 titres de l’État du Cameroun, l’emprunt ECMR 5.8% 2023-2026. Ce titre a subi une légère érosion de son cours, cédant 1,6 % pour s’établir à 98,40 % de sa valeur nominale. Ce repli technique entraîne mécaniquement une baisse de l’encours global des dettes cotées, qui s’établit désormais à 1 422,37 milliards de FCFA.
Du côté de la gestion collective, les OPCVM maintiennent des performances stables, à l’image des fonds monétaires et diversifiés de Harvest Asset Management ou d’Africa Bright qui continuent de capter l’épargne institutionnelle avec une régularité de métronome.
Alors que les indicateurs de tendance repassent au vert vif, l’attention des opérateurs se porte désormais sur la capacité du marché à maintenir ce niveau de valorisation. La pérennité de ce rebond dépendra de l’exécution des ordres d’achat encore en souffrance dans les carnets, notamment les 213 demandes portant sur la Socapalm qui pourraient encore animer les prochaines séances.


