Société Générale Cameroun (SGC) change de nom. La deuxième banque du Cameroun s’appellera désormais General Bank of Cameroon (GBC). L’annonce a été faite le mardi 12 mai 2026 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors d’une cérémonie marquant la clôture de la transaction par laquelle l’État du Cameroun a acquis les actions du groupe Société Générale dans le capital de sa filiale locale.
La transaction trouve son origine dans la convention de cession signée le 15 juillet 2025 à Douala entre le ministre des Finances Louis Paul Motaze et François Bloch, directeur général Afrique du groupe bancaire français. L’État du Cameroun a racheté les 58,08 % de parts du groupe français pour un montant de 129 milliards de FCFA, soit environ 230,5 millions de dollars, toutes taxes comprises. Ajoutés aux 25,60 % qu’il détenait déjà, l’État camerounais contrôle désormais 83,68 % du capital de l’établissement. Les 16,32 % restants sont détenus par Sanlam-Allianz.
En début du mois d’avril 2026, la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) avait officiellement validé l’opération, lui donnant force réglementaire.
« Face à la décision stratégique du groupe Société Générale de réorganiser ses activités en Afrique et de se retirer du capital de certaines filiales, l’État du Cameroun a fait le choix d’agir avec responsabilité et méthode, dans le souci de préserver les intérêts nationaux, garantir la stabilité du système financier et d’assurer la continuité », a expliqué le ministre des Finances.
Une banque aux fondamentaux solides
L’institution qui change de mains présente des indicateurs financiers au-dessus des normes réglementaires. Au premier trimestre 2026, SGC affiche 138 milliards de FCFA de fonds propres nets, 250 000 relations clients et des ratios prudentiels qui surpassent les normes de la COBAC. Son ratio de couverture des risques est de 20,5 %, pour un plancher réglementaire fixé à 11,5 %. Sa liquidité atteint 211 %, contre un minimum requis de 100 %.
Pour les 250 000 clients, la priorité est la stabilité opérationnelle. Gilbert Didier Edoa, Secrétaire Général du ministère des Finances, a été direct : « Pour les clients, rien, absolument rien ne change. Toutes les dispositions sont prises pour que le fonctionnement de la banque reste le même et que la transition soit gérée, maîtrisée par les deux parties. Tout ce qui concerne logiciel, système informatique, etc., va être géré dans ce cadre. »
Le ministre Motaze a confirmé l’ouverture d’une période transitoire dédiée à « la maîtrise des aspects techniques liés aux plateformes informatiques ainsi que l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des dispositifs technologiques ».
Louis Paul Motaze a conclu sur les ambitions des pouvoirs publics : « Le gouvernement demeure engagé en faveur du renforcement de la résilience du secteur financier camerounais, de l’amélioration du climat des affaires et du développement d’un système bancaire moderne, compétitif et inclusif. »
General Bank of Cameroon hérite d’une institution fondée en 1963. Soixante-deux ans après, elle change de nom, d’actionnaire majoritaire, et entre dans une phase dont l’État camerounais est désormais seul responsable.


