La compétitivité du Corridor RCA–Tchad–Cameroun est au cœur des travaux de la 5ᵉ édition du forum tripartite réunissant depuis lundi 11 mai 2026 à N’Djamena les délégations officielles et les acteurs portuaires des trois pays. La ministre tchadienne des Transports, Fatima Goukouni Weddeye, a ouvert cette session de trois jours consacrés à l’optimisation des corridors de transit connectés aux ports camerounais de Douala et de Kribi.
Pour le Tchad et la République centrafricaine, deux pays enclavés, l’accès à la mer est un enjeu de souveraineté autant qu’économique. Le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, a insisté sur la nécessité de mutualiser les infrastructures portuaires pour transformer cette contrainte géographique en levier de co-développement régional.
Des barrières non tarifaires qui plombent la compétitivité
Le diagnostic est connu, mais les chiffres restent préoccupants. La multiplication des contrôles routiers illégaux et la lenteur des opérations de dédouanement alourdissent le prix final des marchandises de près de 30 %, selon les opérateurs économiques des trois pays.
Ces barrières non tarifaires annihilent une large part des gains attendus des investissements consentis par le Cameroun dans ses terminaux portuaires. Sans fluidification des voies terrestres vers Bangui et N’Djamena, les infrastructures de Douala et Kribi ne pourront pas générer leur plein rendement.
Le forum ambitionne de s’attaquer frontalement à ces goulots d’étranglement : compression des coûts logistiques, réduction des délais d’attente aux frontières, harmonisation des réglementations fiscales et modernisation des plateformes multimodales.
La numérisation douanière, chantier de fond
Au-delà des infrastructures physiques, c’est la gouvernance des flux transfrontaliers qui est en jeu. La mise en place de guichets uniques numériques et l’interconnexion des systèmes douaniers nationaux figurent parmi les priorités du forum.
Ces réformes s’inscrivent dans un calendrier contraint : l’entrée en vigueur progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) impose une mise aux normes accélérée des espaces douaniers régionaux, sous peine d’exposer les industries locales à une concurrence extérieure qu’elles ne seraient pas en mesure d’absorber.


