Le 5 mars 2026, vous avez réuni les courtiers à Douala pour un premier Café-Rencontre de l’année. Quels objectifs stratégiques poursuivez-vous à travers ce rassemblement destiné à inaugurer vos relations de proximité avec les acteurs de l’intermédiation ?
Votre question est essentielle car elle renvoie aux valeurs que nous incarnons : celles d’une compagnie d’assurance proche à la fois de ses clients et de ses partenaires. Le choix de ce format convivial s’inscrit dans notre démarche de renforcer la proximité avec nos courtiers, de leur présenter ce qui distingue Afri Insurance et Afrilfe Insurance des autres compagnies, et de le faire dans un cadre chaleureux, bienveillant et propice aux échanges.
La politique de souscription est souvent un point de friction entre compagnies et courtiers. Qu’est-ce qu’Afri Insurance propose de différent dans son approche pour rassurer et fidéliser les courtiers ?
Merci pour cette question particulièrement pertinente. Notre approche repose sur trois piliers : la transparence, la confiance et la réactivité. Nous avons introduit une innovation majeure dans notre industrie : une digitalisation complète de la vente et du service. Concrètement, il ne sera plus question de délais interminables entre la demande de cotation et la réponse. Les courtiers disposeront gratuitement de tablettes connectées à notre plateforme de souscription, permettant à leurs clients d’obtenir instantanément des propositions d’assurance et de régler directement leurs primes.
Nous avons également prévu que les assurés puissent suivre en temps réel l’évolution de leur contrat. Notre digitalisation va plus loin : les clients pourront déclarer et suivre leurs sinistres depuis leur domicile, en téléchargeant les pièces justificatives en ligne, sans se déplacer en agence. Cette démarche vise à accélérer le traitement et le paiement des sinistres, tout en apportant des réponses rapides aux préoccupations des assurés.
Les courtiers, pleinement impliqués, auront une visibilité directe sur l’évolution des dossiers de leurs clients. Notre outil digital, déjà éprouvé, répond aux attentes de nos assurés et a été présenté en détail à nos partenaires courtiers lors de cette rencontre.
Vous êtes acteur du marché camerounais des assurances depuis plus de 40 ans. Quelles sont les mutations les plus profondes que vous avez observées dans ce secteur ?
Merci pour cette question. En effet, cela fait plus de 40 ans que j’ai eu le privilège d’évoluer dans ce secteur noble et très concurrentiel. Mon parcours est particulier et mérite un bref rappel historique. J’ai commencé comme comptable dans des compagnies d’assurance telles que Socar, puis j’ai évolué au sein de CNA, Salam, Activa, NSIA et Directeur Général d’Atlantique assurance.
Ce cheminement au sein de grandes compagnies m’a permis d’acquérir une expérience riche, faite à la fois de pratiques parfois peu conventionnelles, des récriminations des clients, mais aussi de méthodes très professionnelles. Cet ensemble de connaissances m’a valu l’honneur d’être désigné par le groupe CCA Holding pour piloter les filiales Vie et Non‑Vie.
Cette responsabilité m’a donné l’occasion de mettre en œuvre des solutions nouvelles, entièrement digitalisées. Aujourd’hui, cette digitalisation constitue notre véritable cheval de bataille et notre différenciation : traiter l’information plus vite, pour satisfaire le maximum de clients dans les meilleurs délais. Nous sommes parmi les rares compagnies de la sous‑région à avoir franchi ce cap.
Notre solution répond directement aux multiples plaintes des assurés et des courtiers, plaintes qui persistent encore dans la plupart des compagnies et chez certains intermédiaires. En apportant plus de rapidité, de transparence et de fluidité, nous avons voulu transformer ces difficultés en opportunités pour renforcer la confiance et la satisfaction de nos partenaires et clients.
On note quand même que malgré une forte présence de plus de compagnies d’assurance, la pénétration reste très faible déjà au niveau marché local même africain. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état de chose ?
Il y a principalement deux facteurs. Le premier est lié à la culture de l’assurance en Afrique, et plus particulièrement en Afrique francophone. Contrairement aux pays anglophones, où cette culture est plus ancrée, dans nos marchés elle reste encore limitée. Cela exige de nombreuses campagnes de sensibilisation pour développer la confiance et l’habitude de recourir à l’assurance.
Le second facteur concerne les fraudes et mauvaises pratiques dans l’assurance automobile, qui est pourtant la branche la plus obligatoire. Pendant longtemps, les attestations manuelles ont été détournées par certains assureurs ou intermédiaires : les primes étaient encaissées sans être déclarées aux compagnies, et en cas de sinistre, celles‑ci étaient contraintes de payer sur la base de l’attestation. Pour remédier à cela, nous avons contribué activement à la dématérialisation des souscriptions automobiles, une solution en cours d’implémentation par l’ASAC. Dès ce mois de mars, les souscriptions devraient se faire de manière entièrement digitalisée, ce qui permettra de sécuriser le processus et de réduire considérablement les fraudes.
Par ailleurs, de nouvelles solutions apparaissent, comme l’assurance des conteneurs pour le transport. Elle permettra aux importateurs de marchandises de souscrire directement une assurance, alors qu’auparavant ce rôle était laissé aux transitaires sous forme de cautions.
Ces innovations technologiques sont porteuses d’espoir. L’exemple de la Côte d’Ivoire est parlant : depuis la dématérialisation, le chiffre d’affaires du secteur est passé de 300 milliards à près de 700 milliards en 2025. Nous comptons sur ces avancées pour améliorer les performances et accroître le taux de pénétration de l’assurance dans notre marché
Parlant justement d’innovation, Afri Insurance a introduit dans ses pratiques, le préfinancement des primes d’assurance. Comment cela va-t-il se passer concrètement ?
Votre question est essentielle. Il ne s’agit pas seulement d’une innovation, mais d’une véritable révolution dans l’écosystème assurance‑banque. Cette pratique s’inspire des standards observés dans les grands marchés développés.
En effet, l’application de l’article 13 sur le paiement des primes d’assurance, qui impose l’encaissement de la prime avant la prise d’effet du contrat, a longtemps posé des difficultés aux assurés. Beaucoup peinaient à régler leurs primes en une seule fois, ce qui compliquait le suivi optimal des contrats.
Grâce à notre partenariat avec CCA Bank, nous avons apporté une solution concrète : désormais, si un client rencontre des tensions de trésorerie, la banque préfinance directement le paiement de sa prime auprès d’Afri et Afrilife Insurance. Le client rembourse ensuite la banque par mensualités convenues sur une année. Cette facilité est ouverte aussi bien aux particuliers qu’aux entreprises, à condition d’ouvrir un compte à la CCA Bank et de remplir les critères requis
Vous êtes porteurs d’une vaste stratégie d’expansion en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest.
Tout à fait. Notre ambition ne se limite pas aux assurés camerounais : nous voulons offrir à toute la communauté de la CEMAC, et au‑delà, une expérience d’assurance moderne et conforme aux standards internationaux. Grâce à l’agrément unique de CCA Bank, notre expansion suivra celle de la banque.
Dans les semaines à venir, nous serons présents dans les pays où la CCA Bank est déjà implantée en Afrique centrale : Tchad, RCA, Congo, Gabon, ainsi qu’en Guinée Conakry où la banque a récemment obtenu son agrément. Prochainement, nous serons également installés au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Bénin. L’acquisition en cours d’une banque au Sénégal, dont l’extension par des succursales dans d’autres pays est prévue, nous permettra d’étendre nos services d’assurance en Afrique de l’Ouest par la création de filiales et de succursales. Cette démarche s’inscrit pleinement dans la politique de développement de la bancassurance portée par le groupe CCA Bank Holding.
Nous sommes prêts et équipés pour offrir une assurance digitale, rapide et transparente à l’ensemble de la communauté africaine. Afri Insurance se positionne aujourd’hui comme un acteur de rupture dans le paysage de l’assurance africaine. En misant sur la digitalisation, l’innovation bancaire et une stratégie d’expansion ambitieuse, la compagnie entend transformer les pratiques traditionnelles et répondre aux attentes des assurés et des courtiers.
Avec plus de 40 ans d’expérience et une vision résolument tournée vers l’avenir, notre équipe porte un projet qui dépasse les frontières : faire de l’assurance en Afrique un secteur moderne, accessible et digne des standards internationaux.
Afri Insurance n’est pas seulement une compagnie d’assurance : c’est un partenaire de confiance, un pionnier de l’innovation, et un vecteur de transformation pour l’ensemble du marché africain


