La Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor procède ce mercredi 10 juin à l’émission, par voie d’adjudication, d’un Bon du Trésor Assimilable (BTA) à court terme. Le titre, référencé BTA-GA1100002243 13S du 11-SEPT-2026, arrive à échéance le 11 septembre 2026, avec un remboursement in fine. La date limite de souscription est fixée ce 10 juin 2026. Le règlement interviendra vendredi 12 juin 2026.

Le rendement de ce titre est servi par intérêts précomptés sur la valeur nominale, selon la formule standard des bons à court terme sur le marché de la BEAC. Les ordres de souscription sont à adresser aux gestionnaires clientèle d’AFG Bank Gabon ou à la Salle de Marché de son Agence Centrale à Libreville.

Sept jours après une opération de plus grande envergure

Cette émission fait suite à la double adjudication du 3 juin 2026, au cours de laquelle le Trésor public gabonais avait soumis deux instruments aux investisseurs de la zone CEMAC, toujours par l’intermédiaire d’AFG Bank Gabon. Le premier titre était un BTA à 26 semaines pour une enveloppe de 15 milliards de FCFA, le second une Obligation du Trésor Assimilable (OTA) à 5 ans, au taux de coupon de 6,75%, avec une échéance au 21 février 2030. L’enveloppe totale visée lors de cette double adjudication se situait entre 25 et 65 milliards de FCFA.

En l’espace de deux semaines, le Trésor gabonais aura donc conduit trois opérations distinctes sur le marché régional, dans des formats et des maturités différents. Cette cadence traduit une pression sur les besoins de trésorerie de l’État en fin de deuxième trimestre.

Ces opérations successives s’inscrivent dans le cadre du programme de financement pour l’exercice 2026, arrêté en janvier dernier par le ministre de l’Économie, Thierry Minko. Le Trésor public mise prioritairement sur les BTA, avec une enveloppe globale de 566 milliards de FCFA, tandis que les OTA représenteront un volume total de 480 milliards de FCFA.

Pour le seul deuxième trimestre, Libreville projetait de lever entre 292 et 335 milliards de FCFA sur le marché financier de la CEMAC. La multiplication des adjudications en juin confirme que l’État cherche à atteindre ces objectifs avant la clôture du trimestre.

Premier emprunteur de la zone CEMAC

La position du Gabon sur le marché régional de la dette publique donne à ces opérations une résonnance qui dépasse les seuls équilibres budgétaires nationaux. Le Gabon se positionne au premier rang des emprunteurs de la CEMAC sur le marché des titres publics de la BEAC, avec un encours de près de 2 887 milliards de FCFA à fin janvier 2026, soit 30,5% de l’encours global.

Ce poids dans l’architecture de la dette régionale n’est pas sans incidence sur les autres acteurs du marché. Le gouvernement entend conduire ses opérations avec prudence, en veillant à ne pas provoquer d’effet d’éviction sur le crédit destiné au secteur privé. Un équilibre que la fréquence des adjudications de ce mois de juin rend plus difficile à tenir.

À l’échelle de la CEMAC, les six États membres prévoient de lever entre 1 669,5 et 1 797 milliards de FCFA au deuxième trimestre 2026, en hausse de 67% à 80% par rapport au premier trimestre. Le Gabon, premier émetteur de la zone, donne ainsi le tempo d’une pression collective sur la liquidité bancaire régionale, dans un contexte où le durcissement des taux directeurs de la BEAC pourrait rendre l’accès au crédit plus difficile. 

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