Neuf ans après la faillite de PosteBank SA, filiale de La Poste dont la liquidation en 2017 avait brutalement gelé les économies de dizaines de milliers de ménages, le gouvernement gabonais passe à l’action. Par un communiqué du ministère de la Communication publié le 6 juin 2026 et consulté par Le Corporate, Libreville a annoncé le lancement officiel d’une opération de recensement des épargnants lésés, préalable indispensable à leur indemnisation.
Du 8 au 11 juin 2026, les bureaux de La Poste sur l’ensemble du territoire national ouvriront leurs portes de 8h à 17h pour accueillir les personnes concernées. Pour être inscrites sur les listes et faire valoir leurs droits, celles-ci devront se présenter munies d’une pièce d’identité en cours de validité ainsi que de tout document justificatif attestant de leurs dépôts. L’objectif est de fiabiliser et d’actualiser la base de données afin de prévenir les fraudes et de garantir que les fonds remboursés reviennent à leurs propriétaires légitimes.
La fenêtre accordée, quatre jours seulement, semble étroite au regard de l’ampleur du dossier et de la dispersion géographique des ayants droit. Le ministère ne précise pas si un mécanisme complémentaire sera prévu pour les épargnants qui ne pourraient se déplacer dans ce délai.
Cette initiative marque un tournant politique notable. Là où l’ancien régime avait laissé le dossier sans suite, les autorités de la Vème République avaient réaffirmé, dès février 2025, leur engagement à apurer ce passif social. Le lancement du recensement constitue la première traduction opérationnelle de cet engagement.
Un passif de plus de 72 milliards de francs CFA
L’enjeu financier est considérable. Selon les données officielles, près de 60 000 épargnants particuliers sont directement concernés. Pour les rembourser, l’État a provisionné une enveloppe de 31,212 milliards de francs CFA, qui sera versée sur trois ans, à raison d’un tiers par an. S’agissant des entreprises également touchées par la banqueroute, leurs créances sont évaluées à 41,154 milliards de francs CFA, dont le calendrier de remboursement reste à préciser.
Au total, c’est donc un passif cumulé de plus de 72 milliards de francs CFA que l’État devra honorer, une opération dont la réussite dépendra autant de la qualité du recensement en cours que de la constance de l’engagement budgétaire sur la durée.
