Entre transferts d’argent et digitalisation, l’activité financière des services postaux au Cameroun se transforme. Le rapport d’analyse 2024 met en lumière une évolution marquée par la progression des montants traités et l’extension des services en ligne.
Les opérations financières postales restent dominées par les mandats. Sur la période indiquée, leur volume évolue différemment de leur valeur. Le document souligne que « le volume des mandats internationaux émis a connu une progression entre 2016 et 2019, puis a amorcé, en 2020, un repli ». Dans le même temps, les montants suivent une trajectoire inverse. « Le montant des mandats internationaux a connu chaque année une hausse. Il est passé de 15 millions en 2016 à 1 milliard 80 millions en 2023 ».
Les transferts internationaux occupent une place centrale dans ces flux. Le rapport précise que ces opérations « permettent d’envoyer et de recevoir de l’argent, à travers les frontières » et qu’elles facilitent « les paiements pour des biens, des services, ou des envois de fonds familiaux ». Elles s’appuient sur des partenariats avec des réseaux de transfert, traduisant une intégration progressive dans les circuits financiers internationaux.
Parallèlement, les services électroniques gagnent du terrain. Le rapport définit ces outils comme « des services fournis via des plateformes numériques » couvrant « les virements, les paiements de factures, le commerce électronique ». Cette mutation s’appuie sur l’accès à internet dans les bureaux de poste. Malgré une baisse, « la proportion des bureaux disposant d’une connexion internet […] reste au-dessus de 90% ».
L’informatisation constitue un autre levier. Elle « contribue à moderniser les services postaux » avec des effets sur la gestion des données et l’accès aux services en ligne. Au total, « plus de trois points de contact sur cinq (60%) sont informatisés » sur la période 2016-2023.
Cette double dynamique, financière et numérique, redéfinit le rôle des services postaux. Entre baisse des volumes physiques et montée des flux monétaires et digitaux, le secteur s’inscrit dans une recomposition portée par les usages et les infrastructures.


