En dix semaines, la Société Financière Internationale (SFI) a considérablement accru son niveau d’engagement au Gabon. Le 4 mars 2026, l’institution inaugurait son premier bureau à Libreville. Le 14 mai, son directeur général, Makhtar Diop, était reçu en audience par le Président de la République à Kigali, en marge de l’Africa CEO Forum. Entre ces deux dates, plusieurs rencontres ont eu lieu au niveau gouvernemental.

Jusqu’à l’ouverture du bureau de Libreville, les dossiers gabonais étaient gérés depuis le Cameroun. L’installation officielle traduit la volonté de l’institution de consolider sa présence locale et d’accélérer la mise en œuvre de projets structurants portés par le secteur privé. La SFI vise à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars d’investissements, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’agro-industrie, de la santé et des technologies.

Entre les deux événements, le vice-président Alexandre Barro Chambrier a présidé une séance de travail avec une délégation de la SFI conduite par Dahlia Khalifa, directrice de division Afrique centrale. Les échanges ont porté sur les priorités gouvernementales en matière d’investissements et les pistes de partenariat public-privé dans les domaines des infrastructures, de l’agriculture, des transports et de la transformation industrielle.

L’entretien du 14 mai à Kigali a ajouté plusieurs secteurs à cette liste de travail notamment, l’énergie hydroélectrique, le tourisme et la souveraineté alimentaire. Il a surtout débouché sur une décision opérationnelle concrète : « l’envoi d’une mission technique de la SFI au Gabon pour identifier des opportunités d’investissement et structurer un partenariat ». C’est la première fois que cette étape est formalisée au niveau du chef de l’État.

La ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono, avait indiqué en mars 2026 que cette dynamique s’inscrit dans le plan national de croissance et de développement 2026-2030, cadre stratégique destiné à accélérer la diversification de l’économie. Ce plan cible explicitement la réduction de la dépendance aux exportations pétrolières, qui représentent encore la part dominante des recettes de l’État.

La montée en puissance de la SFI intervient dans un contexte où le Gabon multiplie les sources de financement extérieur. L’Agence française de développement finance la remise à niveau du chemin de fer Transgabonais à hauteur de 203 millions d’euros. Le Trésor public prévoit par ailleurs de mobiliser 1 046 milliards de FCFA sur le marché financier régional en 2026. La SFI se positionne, elle, sur le volet investissement privé direct, un compartiment distinct, mais complémentaire.

La mission technique annoncée à Kigali constituera le premier test concret de la capacité de l’institution à transformer les discussions politiques en engagements financiers sur le terrain.

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