Le président kényan William Ruto a nommé Benedict Oramah membre indépendant du conseil d’administration du Fonds national d’infrastructure du Kenya (FNI). La décision, intervenue en avril 2026, a été annoncée publiquement par Afreximbank le 4 juin. Oramah exercera un mandat de trois ans au sein de cette structure, créée pour mobiliser des capitaux en faveur des infrastructures et réduire la dépendance du pays à l’endettement public.

Il siègera aux côtés de représentants des principales institutions publiques kényanes, notamment le gouverneur de la Banque centrale du Kenya, le procureur général ainsi que plusieurs responsables des finances publiques, et figure parmi les quatre experts indépendants chargés de contribuer à la gouvernance de ce véhicule d’investissement.

La nomination s’appuie sur un parcours institutionnel de premier plan. Benedict Oramah a présidé Afreximbank de 2015 à 2025. Durant cette décennie, la banque panafricaine a sensiblement renforcé son bilan et élargi son périmètre d’intervention, notamment dans le financement du commerce intra-africain et des infrastructures productives. Son entrée au FNI lui confère un rôle de référence dans la structuration financière d’un fonds dont les ambitions dépassent les frontières kényanes.

Le FNI ambitionne de mobiliser 5 000 milliards de shillings kényans, soit environ 38,6 milliards de dollars, sur une période de dix ans. Lors du Sommet Africa Forward 2026, le président William Ruto a indiqué que près d’un milliard de dollars ont déjà été mobilisés grâce à des partenariats public-privé et à des opérations sur le marché national. Une part importante de ces ressources provient de l’introduction en Bourse de Kenya Pipeline Company, qui a permis à l’État de lever 106,7 milliards de shillings.

Les ressources du Fonds doivent être orientées vers plusieurs projets d’envergure, dont l’extension de l’aéroport international Jomo Kenyatta, le développement d’infrastructures aéroportuaires et la mise en œuvre d’une raffinerie pétrolière régionale. Le Fonds repose sur une stratégie de mobilisation de capitaux publics et privés destinée à diversifier les sources de financement des investissements tout en limitant la pression sur les finances publiques.

La présence d’un profil comme celui d’Oramah au conseil du FNI envoie un signal aux investisseurs institutionnels du continent. Elle traduit la volonté de Nairobi de doter ce véhicule d’une crédibilité financière à la hauteur de ses objectifs, dans un contexte où plusieurs économies africaines cherchent à substituer la dette souveraine par des mécanismes de financement mixte adossés à des actifs productifs.

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