L’ampleur des chiffres s’explique par l’état de la maison. La SOCADEL hérite d’un endettement global estimé à près de 850 milliards de FCFA et d’un déficit mensuel de trésorerie d’environ 13 milliards de FCFA. Le taux de recouvrement global ne dépasse pas 77,5 %, niveau insuffisant pour assurer l’équilibre financier de l’entreprise. C’est dans ce contexte que le conseil a chargé le directeur général d’engager des négociations avec les bailleurs de fonds, en vue de restructurer la dette, refinancer la trésorerie et financer les investissements.

Sur le plan opérationnel, deux décisions ont pris effet immédiatement, dont une hausse du budget de combustible dans la région du Grand Nord et la mise en œuvre d’un plan d’action pour résorber le déficit d’alimentation dans la région de l’Est et à Bertoua.

Ces mesures s’inscrivent dans trois axes de réorganisation validés par le conseil à savoir, l’opérationnalisation de la feuille de route gouvernementale, la réforme de la gouvernance interne et l’élaboration d’un plan de transformation opérationnelle.

Le conseil a également procédé à quatre nominations par intérim pour une durée de trois mois : Brigitte Konso épouse Yanda à la direction financière, Christian Ekambi Koba aux ressources humaines, Léonard Aser Mbong à la sûreté, et Christian Nola Ze à l’innovation et aux systèmes d’information.

Créée le 4 mai 2026 par décret présidentiel, la SOCADEL est détenue à 100 % par l’État et dispose d’un capital de 43,9 milliards de FCFA. Elle succède à ENEO, dont les revenus mensuels s’établissaient autour de 30 milliards de FCFA pour des engagements avoisinant 50 milliards, un déséquilibre en partie dû à un système tarifaire gelé depuis 2012. Le redressement de la SOCADEL supposera donc, au-delà des arbitrages budgétaires, une révision du modèle tarifaire que le secteur attend depuis plus d’une décennie.

Share.
Leave A Reply Cancel Reply
Exit mobile version