Industrie camerounaise : Le pétrole tire les prix, le manufacturier résiste

La hausse de l’indice des prix à la production industrielle au deuxième trimestre 2026 recouvre des évolutions sectorielles très contrastées. La poussée de l’extractif pèse davantage dans la conjoncture que les tensions observées dans les branches manufacturières.
Les prix à la production industrielle ont progressé de 2,4 % au Cameroun au deuxième trimestre 2026, après une hausse de 1,4 % au premier trimestre. L’indice calculé par l’Institut national de la statistique (INS) atteint ainsi 131,9 points, contre 128,9 trois mois plus tôt, sur une base 100 en 2016. Sur un an, la progression s’établit à 4 %.
Le secteur extractif constitue le principal moteur de cette hausse. Ses prix à la production ont augmenté de 11 % sur le trimestre et de 16 % sur un an. L’indice de la branche passe de 153,6 à 170,5 points. L’INS attribue cette évolution à la fermeté des cours mondiaux du pétrole brut et des ressources minières, dans le contexte du conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël. L’Institut évoque aussi les perturbations autour du détroit d’Ormuz et leurs effets sur le marché pétrolier.
Cette exposition aux chocs extérieurs pose la question de la transmission des fluctuations internationales aux prix pratiqués par les producteurs locaux. Elle ne suffit toutefois pas à mesurer la dépendance réelle de l’industrie nationale aux importations d’intrants. La note statistique ne fournit ni la part des matières premières importées dans les coûts des entreprises ni le poids précis du choc géopolitique dans la variation de l’indice.
Le manufacturier sous pression sélective
Le contraste est net dans les industries manufacturières. Leurs prix n’ont progressé que de 0,1 % au deuxième trimestre, pour un indice de 125,8 points. Sur un an, la hausse atteint 1 %. Certaines branches connaissent toutefois des tensions plus marquées. La métallurgie et la fabrication d’ouvrages en métaux enregistrent une progression trimestrielle de 4,2 %, avec un indice de 125,2 points. L’INS rapproche cette évolution du renchérissement des métaux et des difficultés d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
À l’inverse, les prix des industries chimiques, pharmaceutiques et plastiques reculent de 0,8 %. L’Institut associe cette baisse à la stabilité de l’approvisionnement de certains intrants, notamment l’huile de palme utilisée dans la fabrication du savon. L’agroalimentaire affiche également un recul trimestriel de 0,2 %, malgré une hausse annuelle de 1,2 %.
Ces écarts invitent à relativiser l’idée d’une inflation industrielle uniforme. Ils montrent surtout que la capacité des branches à absorber les variations des coûts dépend de leurs marchés et de leurs conditions d’approvisionnement. Pour autant, une hausse des prix sortie-usine ne signifie ni une augmentation des volumes produits ni une amélioration des marges des entreprises.
L’IPPI mesure les prix des biens industriels produits au Cameroun, hors taxes, subventions et marge de transport. Il ne mesure donc pas directement les prix payés par les consommateurs. Son échantillon couvre 103 entreprises et 328 couples produits-entreprises, avec une sélection destinée à représenter environ 80 % du chiffre d’affaires de chaque division industrielle.
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