Le blocus persistant du détroit d’Ormuz perturbe l’approvisionnement mondial en carburant. Ces troubles accentuent la volatilité des marchés, poussant les pays vers d’autres alternatives, notamment en Afrique et au Cameroun en particulier.
Avec les pays du Moyen-Orient, les échanges commerciaux sont peu dynamiques. En termes d’importations pourtant, le Cameroun dépense en moyenne 200 milliards de FCFA par an pour ses approvisionnements, dont 120 milliards de FCFA uniquement pour les carburants et les lubrifiants. Ce qui représente 12% de la consommation globale du Cameroun en carburant. « Il va sans dire que la première implication directe serait la perte de 12% de notre source d’approvisionnement en carburant et lubrifiants, couplée à la flambée des prix du baril », constate la Division de la Prévision du Ministère des Finances, dans « Le conflit iranien et l’économie camerounaise », récemment publié par la Direction générale du Budget (DGB).
Pour faire face à ces perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales ainsi que la flambée des cours des hydrocarbures et d’engrais, « il conviendrait que le gouvernement prenne des mesures à court et moyen terme pour mitiger les risques d’inflation, de pénurie et de ralentissement de l’économie ».
Ainsi à court terme, le partenariat avec l’entreprise Dangoté devrait être renforcé, le but étant de sécuriser l’approvisionnement en carburant. Par ailleurs, une concertation avec les acteurs de la filière, notamment les marketeurs, serait nécessaire dans l’optique « d’adopter une stratégie consensuelle à mettre en œuvre ». A moyen terme, il serait opportun de prendre des mesures efficaces pour accélérer la réhabilitation de la SONARA et la construction de nouvelle raffinerie de la SNH à Kribi afin de transformer le pétrole brut local et réduire la dépendance extérieure aux carburants et lubrifiants.
L’option Dangoté n’est pas seulement explorée par le Cameroun. D’autres pays africains y ont pensé bien avant. Ghana, Afrique du Sud ou encore le Kenya se seraient également tournés vers le Nigeria notamment la raffinerie Dangote Group, pour sécuriser leurs approvisionnements en carburants et contourner la crise énergétique.


