C’est en terre britannique qu’un tournant s’est amorcé pour l’éducation dans le Sud-Cameroun. Le 20 avril dernier, à la Mansion House de Londres, le président du Conseil régional du Sud, Éric Gervais Ndo, accompagné de la première vice-présidente Cathy Meba, a signé un protocole d’accord avec Promethean, entreprise britannique spécialisée dans les technologies éducatives. L’accord prévoit l’équipement de 100 collèges et lycées en solutions numériques et la construction de quatre salles de classe intelligentes.
La cérémonie s’est tenue en marge de la 5e édition du Commonwealth Trade and Investment Summit, organisé les 20 et 21 avril par le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC). Un cadre symbolique pour une ambition régionale qui se veut désormais à portée internationale.
Ce que prévoit concrètement l’accord
Promethean, reconnu mondialement pour ses tableaux interactifs ActivPanel et ses plateformes pédagogiques collaboratives, ne se limitera pas à une simple livraison d’équipements. L’entreprise s’engage à fournir des outils logiciels intégrés et à déployer un programme de renforcement des capacités des enseignants, un volet souvent négligé dans les projets de digitalisation scolaire en Afrique subsaharienne, et qui conditionne pourtant leur réussite sur le long terme.
Les quatre salles de classe intelligentes, dont les sites d’implantation n’ont pas encore été précisés, constitueront des vitrines technologiques destinées à inspirer une transformation pédagogique plus large.
Réduire la fracture numérique, préparer les métiers de demain
Derrière l’accord se dessine une ambition plus large. Pour le Conseil régional du Sud, il s’agit de s’attaquer à une réalité persistante : la fracture numérique qui pénalise encore de nombreux élèves dans cette partie du pays, souvent éloignés des ressources et des infrastructures disponibles dans les grandes métropoles.
« Cet accord confirme l’engagement de l’institution à placer l’éducation au centre de sa stratégie de développement », a déclaré Éric Gervais Ndo. « Il traduit une volonté politique claire : faire de la région du Sud un territoire résilient, innovant et attractif, où l’investissement dans le savoir devient le principal moteur de prospérité économique. »
L’objectif affiché est de préparer les jeunes générations aux exigences d’une économie de plus en plus digitalisée, et d’améliorer leur insertion socio-professionnelle. Des ambitions louables, mais dont la concrétisation dépendra largement des moyens effectivement mobilisés, des délais de déploiement et du suivi pédagogique assuré sur le terrain.
La diplomatie territoriale, nouvel outil de développement
La présence du Conseil régional du Sud à ce sommet du Commonwealth n’est pas anodine. Elle illustre une tendance croissante en Afrique : celle des collectivités territoriales qui investissent l’espace diplomatique pour attirer des partenaires étrangers, contournant parfois les lenteurs de la coopération bilatérale étatique.
La délégation camerounaise a profité de l’événement pour mettre en avant les atouts stratégiques du pays : son positionnement dans la sous-région, son intégration à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et ses priorités de transformation structurelle, chaînes de valeur agricoles, énergie, pêche, infrastructures, industrialisation et promotion des exportations hors pétrole.
Le CWEIC, qui pilote ce sommet annuel, réunit gouvernements, investisseurs et entreprises autour des enjeux de croissance et de développement durable au sein du Commonwealth. Dans son discours d’ouverture, son président, Lord Marland, a appelé à renforcer les liens de confiance entre les pays membres pour faciliter les affaires et les investissements.
Reste désormais à transformer le protocole en réalisations concrètes. Les élèves de la région du Sud, eux, attendent.


