La Cosumaf poursuit la modernisation du paysage financier régional. Lors de sa session du 1er avril 2026, le Collège de l’institution a adopté un programme d’actions prioritaires qui place le crowdfunding au cœur de la stratégie de diversification des sources de financement des entreprises.
« Le financement participatif constitue une solution de financement alternative pour les entreprises et peut contribuer à enrichir l’offre de financement, notamment pour les jeunes entreprises », peut-on lire dans le document adopté par le régulateur, et rendu public le 27 avril 2026.
Un dispositif en phase de finalisation
« La COSUMAF s’engage à finaliser le dispositif réglementaire en vue d’accueillir, durant 2026, les premières plateformes de Crowdfunding de type investissement », apprend-on. Cette initiative s’inscrit dans le deuxième objectif stratégique du plan 2024-2028, visant à « favoriser la mise en place de produits innovants ».
Le régulateur prévoit de déployer une approche concertée pour faire émerger un écosystème du crowdfunding. Les actions programmées sont entre autres la production d’outils pédagogiques destinés au public et aux professionnels, ainsi que l’organisation d’événements thématiques.
L’opérationnalisation du crowdfunding répond aux besoins de financement des petites et moyennes entreprises de la zone CEMAC. Le document souligne que cette solution « contribuera à favoriser l’accès des TPME au marché des capitaux ».
En 2025, le marché financier régional a enregistré des opérations d’appel public à l’épargne pour un montant total de 361,8 milliards de FCFA, selon les résultats compilés par la COSUMAF. Deux IPO (introductions en bourse) sont en cours : BGFI Holding Corporation et Renaprov Finance.
Pris comme une composante d’un programme structuré autour de quatre piliers, le crowdfunding devrait permettre de développer l’éducation financière, dynamiser le marché financier régional et renforcer la coopération internationale,
Parmi les autres chantiers prioritaires figurent le lancement d’un portail web dédié aux fintechs et aux émetteurs, l’élaboration de normes comptables et prudentielles spécifiques aux acteurs du marché, ainsi que le renforcement du dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Par ces actions prévues, la COSUMAF vise des résultats quantifiables : une hausse de 30% de l’actif sous gestion, une augmentation de 300% du nombre de comptes-titres et une progression de 50% du nombre de détenteurs de parts d’organismes de placement collectif.
« L’année 2026 sera consacrée au lancement de contrôles basés sur la cartographie des risques », précise le document, dans le cadre du renforcement de la supervision du marché.
Le régulateur compte également sur la mobilisation de nouveaux relais, notamment en invitant « toutes les banques qui conservent des titres pour le compte de tiers de solliciter et d’obtenir un agrément de teneur de comptes ».
