La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) passe à l’offensive sur les introductions en bourse d’entreprises publiques. Le régulateur a inscrit dans ses actions prioritaires 2026 le suivi rigoureux de l’Article 8 de l’Acte Additionnel n°06/17-CEMAC-COSUMAF-CCE-SE.
« Évaluer le niveau de mise en œuvre d’introduction en bourse des 17 entreprises qui avaient été désignées par les Etats », indique le document adopté le 1er avril 2026. La COSUMAF prévoit une « mission circulaire, transmission des conclusions aux Autorités Monétaires et demande de la mise à jour de ladite liste ».
Les banques et assurances en première ligne
L’Acte Additionnel impose « l’adoption, par les Etats membres, de cadres législatifs rendant obligatoire la cotation ou l’ouverture en bourse du capital d’entreprises ayant pour profession habituelle la gestion ou la conservation de l’épargne publique (banques, compagnies d’assurances, etc.) ».
Les entreprises multinationales ou filiales de multinationales opérant sur le territoire CEMAC sont également concernées. Les États doivent adopter « de mesures incitant les entreprises des secteurs économiques stratégiques à recourir aux marchés financiers ».
Le texte prévoit aussi « la cession partielle ou totale en bourse des participations des Etats membres dans le capital d’entreprises publiques, parapubliques ou issues de partenariats publics privés ».
Les États appelés à entrer au capital de la Bourse
L’Article 8 impose « l’entrée, dans le capital de la Bourse Régionale, de chaque Etat membre à hauteur de 5% chacun, soit un total de 30% ». Cette disposition vise à renforcer l’ancrage public de l’infrastructure boursière régionale.
La COSUMAF compte s’appuyer sur plusieurs leviers pour accélérer le processus. Le régulateur prévoit de « lancer un portail web destiné aux fintechs et aux émetteurs publics ou privés souhaitant recourir au financement par le marché financier ».
En 2025, le marché financier régional a enregistré des opérations d’appel public à l’épargne pour un montant total de 361,8 milliards de FCFA. La liste comprend notamment deux émissions obligataires de l’État gabonais pour 200 milliards de FCFA et une émission de la SNPC pour 31,2 milliards de FCFA.
La côte de la bourse compte actuellement six actions cotées et huit lignes obligataires, dont trois souveraines et cinq privées. La COSUMAF vise « l’accroissement de la cote de la bourse (6 actions cotées et 8 lignes obligataires, dont 3 souveraines et 5 privées en 2026) ».
Le suivi de l’Article 8 s’inscrit dans un plan stratégique 2024-2028 dont la vision affiche « une régulation forte au service d’un marché financier moderne et dynamique ». Les quatre piliers du plan visent à développer l’éducation financière, moderniser la COSUMAF, dynamiser le marché financier régional et renforcer la coopération internationale.


