Doté d’un budget d’environ 29 milliards de FCFA (51,3 millions de dollars), ce plan ambitionne de rendre sous peu plus accessible les soins tout en rendant le système sanitaire plus réactif sur toute l’étendue du territoire. D’après les autorités, la nouvelle feuille de route doit contribuer au temps de prise en charge des patients, à la traçabilité des données médicales, renforcer la gestion des urgences sanitaires par l’adoption d’outils numériques dans les structures sanitaires. La capacité d’échange d’information des acteurs du secteur et la qualité du décisionnel médical et administratif sont également visées.
Le plan est basé sur huit axes stratégiques prioritaires dont la gouvernance de la santé numérique, le renforcement du cadre juridique et réglementaire, la formation des ressources humaines, le développement des infrastructures numériques, l’interopérabilité des systèmes d’information de santé et autres. Cette démarche résonne avec celle déjà engagée par les autorités camerounaises en vue de numériser la santé. L’évaluation du plan précédent pour la période 2020-2024 a mise en lumière des progrès sur bien des fronts, en particulier la mise en place d’une architecture nationale de l’e-santé, l’intégration d’outils au système national d’information sanitaire, ou encore l’amélioration des compétences du personnel médical.
Le système de santé numérique dans son ensemble restait à un stade de développement de 1,8/5, indiquant la difficulté de moderniser durablement le secteur, même si des avancées avaient été réalisées. Les autorités vont par conséquent consolider les cadres institutionnels, juridiques et financiers pour accélérer la digitalisation du système de santé. La mise en œuvre du PSNSN s’effectuera dans le cadre d’une gouvernance multisectorielle, par le ministère de la santé publique, les organismes responsables du numérique, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile. C’est construire un écosystème de santé numérique plus ouvert, plus intégré, plus axé sur les soins et qui serait davantage en mesure d’améliorer la santé du pays d’ici 2030.


