Bourses régionales : Les échanges atteignent 164 milliards à la BRVM contre 263 millions à la BVMAC

Portée par une activité soutenue dans les télécommunications et la finance, la place d’Abidjan creuse un écart abyssal avec la BVMAC, où les transactions trimestrielles sur les actions restent marginales. Si l’arrivée de nouveaux géants dans la cote gabonaise a gonflé mathématiquement la capitalisation de Douala, l’absence de profondeur du marché secondaire hypothèque sa capacité à dynamiser durablement le financement des entreprises.
La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) a porté sa capitalisation actions à 20 558,9 milliards de FCFA au 6 novembre 2026, selon sa plateforme officielle actualisée à 12h45. Le marché gagne 54,2 % par rapport aux 13 330,7 milliards enregistrés fin 2025. Le seuil de 20 000 milliards, franchi le 20 août, n’était qu’une étape. Cette hausse ne correspond toutefois pas, à elle seule, aux ressources nouvelles mobilisées par les entreprises.
Au troisième trimestre, les échanges sur les actions de la BRVM ont atteint 164,1 milliards de FCFA en 64 séances, contre 100 milliards au trimestre précédent. La liquidité demeure concentrée : Sonatel a représenté 22 % des capitaux échangés. Les services financiers, les télécommunications et la consommation de base totalisaient, au 20 août, 90,06 % de la capitalisation.
À Douala, la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) présente une autre configuration. L’introduction de BGFI Holding Corporation, le 7 mai, a porté la capitalisation de 479,45 milliards à 1 710,05 milliards de FCFA, soit une hausse de 257 % selon la BVMAC. Le nombre de sociétés cotées est passé de six à sept. Au 5 novembre, la capitalisation actions atteignait 1 758,96 milliards, dont 1 281,37 milliards pour BGFI Holding, soit près de 73 % du total. Le flottant de cette valeur représente 3,85 % de son capital ; celui de l’ensemble du marché équivaut à environ 6,8 % de sa capitalisation.
Cette hausse de taille ne s’est pas accompagnée d’une profondeur comparable. Au troisième trimestre, la BVMAC a enregistré 574,5 millions de FCFA de transactions sur ses deux compartiments. Les actions n’en ont représenté qu’environ 262,8 millions, contre 164,1 milliards à la BRVM sur la même période, soit un écart supérieur à 600 fois. Le nombre de transactions a progressé de 48,39 % sur un an, à 322, tandis que les titres échangés et la valeur globale des échanges ont chuté de 93 %. L’indice BVMAC All Share a reculé de 1,51 % au troisième trimestre, à 1 138,71 points.
Les deux places se distinguent par leur profondeur de marché. La BRVM dispose d’un compartiment actions plus actif, malgré la concentration des échanges et des valorisations. À la BVMAC, le poids de BGFI dans la cote et la faiblesse du flottant limitent la circulation des titres. Pour les entreprises en quête de financement, la capacité à lever des capitaux doit donc s’accompagner d’un marché secondaire suffisamment actif.
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