Sécurité au travail : Douala réunit les experts autour de la protection des travailleurs de l’informel

Le congrès scientifique international de la Société camerounaise de sécurité et santé au travail se tient du 13 au 15 octobre 2026 à Douala. Les échanges portent notamment sur le financement de la prévention et les moyens d’étendre la protection aux travailleurs de l’économie informelle, qui représente 86,6 % des emplois au Cameroun.
Plus de 400 experts, professionnels de santé, représentants des administrations et acteurs du monde du travail sont attendus à Douala pour le 5e congrès scientifique international de la Société camerounaise de sécurité et santé au travail (SCSST). Organisées du 13 au 15 octobre 2026, les assises portent sur le thème « La pratique de la sécurité et santé au travail en contexte de faibles ressources ». L’objectif est d’examiner les moyens d’adapter la prévention des risques professionnels aux capacités des entreprises et aux réalités de l’économie informelle.
La question se pose dans un marché du travail largement dominé par les activités informelles. Selon la troisième Enquête sur l’emploi et le secteur informel (EESI3), réalisée en 2021 par l’Institut national de la statistique (INS), ce secteur concentrait 86,6 % des emplois au Cameroun, dont 52 % dans l’informel non agricole et 34,7 % dans l’informel agricole. Le secteur privé formel représentait 5,1 % des emplois, contre 8,2 % pour le secteur public.
À cette structure de l’emploi s’ajoute la question du suivi des accidents et des maladies liés au travail. Selon Cameroon Tribune, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) enregistre entre 541 et 558 dossiers d’accidents du travail et de maladies professionnelles par an. Ces données administratives ne reflètent toutefois pas nécessairement l’ensemble des cas, notamment dans les activités informelles où la déclaration et la couverture sociale restent limitées.
Dix axes de réflexion
À l’échelle mondiale, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 2,93 millions le nombre de décès liés au travail en 2019. Parmi eux, 2,6 millions étaient attribués à des maladies professionnelles. L’organisation recense également plus de 395 millions de travailleurs victimes d’accidents du travail non mortels au cours de la même année.
Le congrès de la SCSST prévoit dix axes de réflexion, dont la mobilisation des ressources et le financement de la prévention, la santé et la sécurité au travail dans l’économie informelle, la recherche, le dialogue social, les risques chimiques et la santé mentale. La protection des travailleuses et la gestion des données figurent également au programme.
Les travaux doivent réunir professionnels de la santé au travail, inspecteurs du travail, entreprises, organismes de protection sociale et représentants des travailleurs. Ils s’inscrivent dans les discussions sur les moyens humains, financiers et réglementaires nécessaires à l’amélioration de la prévention au Cameroun.
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