Collecte des déchets à Yaoundé : Le dispositif sous contrat ne couvre que 65 % des volumes

Avec 2 000 tonnes de déchets ménagers produites chaque jour et seulement 1 300 tonnes couvertes par le contrat financé par l’État, la mairie estime à 15 milliards de FCFA les besoins nécessaires à l’assainissement de la capitale, contre 8 milliards disponibles.
Yaoundé produit environ 2 000 tonnes de déchets ménagers par jour. Pourtant, le dispositif de collecte financé par l’État ne couvre que 1 300 tonnes, laissant 700 tonnes hors de ce mécanisme. Cette différence complique la gestion des ordures dans la capitale camerounaise, où les dépôts sauvages continuent de réapparaître malgré les opérations d’assainissement.
La question a été abordée le 14 octobre 2026 à Yaoundé, lors d’une concertation réunissant notamment Luc Messi Atangana, maire de la ville, Garba Ahmadou, directeur régional du Centre de Hysacam, et Michel Rodrigue Abada, directeur de projet de Thychlof. À cette occasion, le maire a évalué à 15 milliards de FCFA les ressources nécessaires au nettoyage de la capitale, contre 8 milliards de FCFA actuellement disponibles. Il en ressort un déficit de financement de 7 milliards de FCFA.
Un dispositif de collecte sous contrainte
Au-delà du financement, les échanges ont porté sur les conditions d’acheminement des déchets vers la décharge de Nkolfoulou. Selon Garba Ahmadou, le volume pris en charge dans le cadre du contrat ne peut dépasser les 1 300 tonnes prévues. Les quantités supplémentaires nécessitent donc une organisation adaptée pour leur collecte et leur transfert.
« L’entrée de la décharge (Nkolfoulou, Ndlr) est contrôlée. On ne refuse pas qu’une municipalité arrive à la décharge, il faut qu’elle le manifeste pour identifier l’origine des déchets. La réponse, c’est d’avoir des zones de transfert de déchets dans les arrondissements, comme ça nous avons la couverture réglementaire », a expliqué le responsable de Hysacam.
La création de points de transit dans les arrondissements figure ainsi parmi les solutions envisagées pour mieux encadrer la circulation des déchets et faciliter leur acheminement vers les sites de traitement.
L’ampleur des dépôts sauvages a également été soulignée par Amadou Ngounga Mouchili, délégué régional du ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu). Selon lui, une soixantaine de tas d’ordures avaient été recensés dans la ville en août dernier. À la suite d’une opération ponctuelle d’assainissement, 370 chargements de camions ont été évacués vers Nkolfoulou en une semaine.
Ces interventions n’ont toutefois pas empêché la réapparition de nouveaux dépôts. « Mais si en journée il devient difficile de déposer, entre minuit et 3 heures du matin, on est surpris de trouver à 6 heures de nouveaux tas. Les pré-collecteurs abondent ces sites la nuit, sachant qu’il n’y a plus de contrôle », a déploré Amadou Ngounga Mouchili.
Les communes mobilisées contre les dépôts sauvages
Pour limiter ce phénomène, les autorités administratives et les maires préconisent la mise en place de points de transit et un meilleur suivi des acteurs de la pré-collecte. Des consignes ont été données aux maires pour identifier les pré-collecteurs intervenant dans leurs territoires et renforcer la surveillance des sites exposés aux dépôts anarchiques.
La municipalité entend également recourir aux sanctions. Une amende de 25 000 FCFA pour dépôt sauvage est évoquée sur la base d’une délibération municipale. Son application suppose toutefois un contrôle effectif des sites concernés et l’identification des contrevenants.
La recherche de financements supplémentaires reste néanmoins centrale. Avec un besoin estimé à 15 milliards de FCFA et une enveloppe disponible de 8 milliards, la mairie doit trouver les moyens de couvrir les besoins de collecte tout en organisant la prise en charge des volumes qui échappent au dispositif actuel.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





