Cameroun : Une étude pointe les limites de la stratégie de croissance et propose des pistes d’amélioration

Renforcer la mobilisation des ressources nationales, améliorer le suivi des politiques publiques et rapprocher la formation des besoins du marché du travail. Ce sont quelques-unes des pistes avancées par une thèse soutenue le 18 août 2026 à l’Université de Buea pour améliorer l’efficacité des politiques de croissance et d’emploi au Cameroun.
La stratégie camerounaise de développement doit, selon Ewane Cliford Ngabe, davantage s’appuyer sur les capacités internes du pays. Dans sa thèse de doctorat en Science politique, intitulée « Cameroon’s National Development Strategies and Socio-Economic Challenges: An Evaluation of the Growth and Employment Strategy Paper (GESP) », le chercheur dresse un bilan contrasté du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE).
L’étude de 465 pages relève des progrès enregistrés dans plusieurs secteurs, mais estime que ceux-ci n’ont pas suffi à réduire certaines contraintes structurelles, notamment la pauvreté, le chômage, le déficit d’infrastructures et les insuffisances du capital humain.
Pour améliorer l’efficacité des prochaines stratégies, le chercheur recommande d’abord de renforcer la mobilisation des ressources domestiques afin de réduire la dépendance à l’égard des financements extérieurs. Cette orientation devrait s’accompagner d’un accroissement des investissements dans les infrastructures productives, susceptibles de soutenir davantage l’activité économique et la création d’emplois.
La gouvernance constitue un autre axe prioritaire. La thèse préconise la mise en place d’un mécanisme indépendant de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Un tel dispositif permettrait de mesurer régulièrement l’exécution des programmes, d’identifier les écarts entre les objectifs et les réalisations et de renforcer la redevabilité dans la gestion publique.
Le chercheur propose également de développer davantage les partenariats public-privé et de renforcer la lutte contre la corruption. Pour élargir l’accès aux opportunités économiques, il recommande l’inclusion financière des populations vulnérables, le développement des chaînes de valeur agricoles et le renforcement des filets sociaux.
Sur le marché du travail, la réforme de la formation professionnelle apparaît comme une mesure centrale. L’objectif serait de mieux adapter les compétences produites par le système éducatif aux besoins des entreprises, tout en favorisant l’entrepreneuriat et l’émergence de nouvelles activités.
Au-delà de ces mesures, Ewane Cliford Ngabe appelle à une évaluation plus régulière des politiques de développement. Il propose notamment de comparer les stratégies nationales au sein de la CEMAC et d’étendre l’analyse à la Vision 2035 et à la Stratégie nationale de développement 2030. L’enjeu, selon cette approche, est de passer d’une logique de programmation à une politique davantage fondée sur les résultats.
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