Mercure dans le poulet : L’interprofession avicole conteste les analyses des chercheurs camerounais

Selon l’interprofession, le calendrier et le financement de l’étude soulèvent des interrogations.
« Qui veut tuer la filière avicole au Cameroun ? ». C’est le titre d’un communiqué signé le 6 octobre 2026 par le président de l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic), François Djonou. Il réagit suite à la publication d’une étude menée par des chercheurs de l’Université de Yaoundé I et de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales, sous la conduite de Fabrice De Paul Tatfo Keutchatang, dont les résultats ont été publiés en septembre 2026.
L’étude indique que du plomb, du nickel, de l’arsenic, du cadmium, du chrome et du mercure ont été détectés dans des prélèvements de poulets de chair et d’œufs réalisés au Cameroun. Les échantillons proviennent des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest, qui figurent parmi les principaux bassins de production avicole du pays. Des résultats que conteste l’Ipavic. Selon l’interprofession, le calendrier, le financement et le relais médiatique de cette étude soulèvent des interrogations.
La première concerne la taille de l’échantillon, seuls 48 poulets ont été étudiés dans seulement trois des dix régions du pays. L’interprofession estime donc que l’échantillon retenu est insuffisant et pas assez représentatif pour soutenir un jugement alarmant sur la qualité des produits avicoles camerounais. Pour l’Ipavic, les résultats de l’étude avaient pour objectif de « jeter l’opprobre sur 107 millions de poulets », car l’échantillon de 0,000047% est bonnement ridicule ».
Le communiqué précise que, bien que ces chercheurs de l’Université de Yaoundé 1 aient déclaré avoir financé eux-mêmes les travaux, une question demeure : d’où provenaient en vérité les fonds ? qui a intérêt à jeter le discrédit sur les produits issus des fermes avicoles camerounaises, particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année, période de forte demande.
Continuant dans ses interrogations, l’Ipavic se demande qui pousse à ce que le Cameroun renoue avec les importations de poulets et œufs ? A qui profiterait l’effondrement d’une filière construite par des Camerounais avec 320 000 travailleurs directs et près de 250 000 autres indirects…
« Selon les rapports officiels, la production avicole camerounaise est passée de 68 millions de poulets par an en 2011 à près de 102 millions de volailles en 2026, soit environ 50% de progression. Cette hausse est toute aussi remarquable sur la production d’œufs de consommation qui est passée de 2 milliards cinq cent millions à 2 milliards neuf cent millions par an. Cette progression témoigne de la construction d’une véritable autonomie, permettant aujourd’hui au Cameroun de se prévaloir d’une indépendance en matière de production avicole » explique l’Ipavic.
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