Loi de règlement 2025 : Le Gabon a consacré 504,4 milliards FCFA aux intérêts de la dette

Prévue à 349,5 milliards de FCFA, la charge financière de la dette atteint finalement 504,4 milliards en 2025. Le projet de loi de règlement adopté le 18 septembre fait également ressortir un excédent budgétaire de 172,8 milliards, malgré un solde de trésorerie déficitaire de 144 milliards.
Le projet de loi de règlement 2025 met en évidence un dépassement important des prévisions consacrées au paiement des intérêts de la dette. Le montant exécuté atteint 504,4 milliards de FCFA, contre 349,5 milliards initialement prévus dans la loi de finances. Pour couvrir cet écart, le texte prévoit l’ouverture de 154,9 milliards de crédits complémentaires.
La loi de finances 2025 avait été arrêtée en équilibre à 4 204,9 milliards de FCFA. À l’exécution, le budget fait ressortir un solde budgétaire excédentaire de 172,8 milliards. Le solde de trésorerie demeure toutefois déficitaire de 144 milliards, tandis que le résultat de la comptabilité générale ressort positif à 161,1 milliards.
Les dépenses budgétaires s’établissent à 2 351,8 milliards de FCFA, soit 84,2% des 2 794,5 milliards prévus. L’investissement atteint 435,2 milliards, contre 592,6 milliards programmés, pour un taux d’exécution de 73,4%.
Les ressources propres représentent 155,1 milliards, soit 41,4% du financement de l’investissement, tandis que les financements extérieurs atteignent 280,1 milliards, correspondant à 147% des prévisions sur cette ligne.
Les dépenses de personnel s’élèvent à 809,1 milliards de FCFA, avec un taux d’exécution de 98%. Les dépenses de biens et services atteignent 201,9 milliards, soit 53,4% des crédits prévus, tandis que les transferts sont exécutés à hauteur de 54,7%.
Des recettes inférieures aux prévisions
Les recettes budgétaires s’établissent à 2 616,1 milliards de FCFA, contre 2 996,5 milliards prévus, soit un taux de réalisation de 87,3%. Les recettes fiscales atteignent 1 568,4 milliards, correspondant à un taux d’exécution de 92,65%.
Le communiqué du Conseil des ministres détaille par ailleurs 2 307,1 milliards de recettes pour le budget général et 217,5 milliards pour les comptes spéciaux, soit un total de 2 524,6 milliards. Rapporté aux 2 351,8 milliards de dépenses budgétaires, ce montant fait ressortir un excédent de 172,8 milliards. L’écart de 91,5 milliards entre ce total de 2 524,6 milliards et les recettes budgétaires annoncées à 2 616,1 milliards n’est pas expliqué dans le communiqué.
Les opérations de trésorerie et de financement ont mobilisé 3 191 milliards de FCFA en 2025, soit 264,1% des prévisions. Leurs charges atteignent 3 335 milliards. Elles comprennent notamment 1 788,9 milliards d’amortissements de prêts bancaires.
Au terme de l’exercice, la « situation nette de l’État ressort déficitaire à 5 953,3 milliards de FCFA », peut-on lire dans le projet de loi de règlement. La trajectoire de la charge de la dette demeure par ailleurs orientée à la hausse. La loi de finances initiale pour 2025 prévoyait 349,4 milliards de FCFA d’intérêts, soit 29 milliards de moins qu’en 2024. La charge effectivement exécutée atteint finalement 504,4 milliards.
À fin 2025, l’encours de la dette publique est donné à 8 780,3 milliards de FCFA, en hausse de 23%. La loi de finances rectificative 2026 porte les charges financières à 487,6 milliards, tandis que le budget 2027, adopté le 18 septembre, prévoit 667,3 milliards de FCFA.
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