Électricité : Huawei prospecte le ministère de l’Eau et de l’Énergie pour numériser le réseau national

L’équipementier chinois multiplie les démarches stratégiques auprès des autorités à Yaoundé pour décrocher le marché de modernisation de la gestion des flux énergétiques du pays.
Le numérique pourrait devenir un levier supplémentaire de modernisation du système électrique camerounais. Reçu le 19 octobre 2026 à Yaoundé par Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, une délégation de Huawei a présenté des solutions destinées à améliorer la gestion de la production, du transport et de la distribution d’électricité. Conduite par Sun Fuyou, vice-président du groupe et directeur général de sa division de numérisation du secteur électrique, elle comprenait notamment Olylia Wang Lei, directrice générale de Huawei Cameroun.
Les discussions ont porté sur l’intégration des énergies renouvelables, l’adaptation des infrastructures et le développement de la production solaire décentralisée. Le groupe a également partagé des expériences chinoises et allemandes en matière de transition énergétique. Selon le ministère, les échanges visent à explorer les possibilités offertes par les technologies numériques pour améliorer les performances du système et élargir l’accès à l’électricité.
Des gains attendus sur les réseaux
Cette approche répond à des contraintes structurelles. Selon les données de la Banque mondiale, les pertes de transport et de distribution représentaient environ 25 % de la production électrique du Cameroun en 2024. Le pilotage numérique des équipements, la surveillance des lignes et une meilleure exploitation des données peuvent contribuer à détecter plus rapidement les anomalies, à anticiper les incidents et à optimiser la distribution. Ces outils ne remplacent toutefois ni les investissements physiques ni le renouvellement des infrastructures.
Le secteur fait justement l’objet de réformes et de programmes d’investissement destinés à renforcer le réseau de transport et à améliorer la qualité du service. La numérisation figure également parmi les priorités affichées par la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL), créée dans le cadre de la réorganisation du secteur après la reprise en main d’Eneo par l’État.
Le développement du solaire constitue un autre axe de travail. La Banque mondiale a notamment relevé les possibilités offertes par les centrales photovoltaïques et les installations décentralisées associées à des systèmes de stockage pour répondre à la demande et desservir les zones moins bien raccordées au réseau.
À ce stade, la rencontre avec Huawei porte sur la présentation de solutions et l’exploration de pistes de coopération. Le communiqué du ministère ne précise ni le montant d’un éventuel investissement, ni les équipements concernés, ni le calendrier de déploiement. Aucun contrat d’exécution ou engagement financier n’y est annoncé.
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