Actualité en continu
◆Marché financier : GIC Rating avance ses pions sur le projet d’introduction en Bourse des ADC◆Bourse Nationale des Déchets : Le patronat accuse le ministère de l’Environnement d’outrepasser les arbitrages du gouvernement◆Ecobank confie à Korédé Odjo-Bella le pilotage régional des produits bancaires en Côte d’Ivoire et dans l’UEMOA◆Cameroun : La contrebande fragilise les circuits commerciaux dans la région du Nord◆Protection du littoral : Kribi recherche 4 milliards de FCFA pour une digue de 600 mètres◆Arrêt des subventions aux carburants : Le Cameroun continue de résister au FMI◆Transport aérien : La Libye envisage de réactiver une liaison avec le Cameroun◆Santé & Finance : BGFIBank Cameroun et Gima-Bambot MedTech réinventent le modèle de transformation hospitalière◆Bvmac : Zéro transaction pour la deuxième séance consécutive◆Pesage portuaire : Etienne Ndzana A Ekite accède à la direction exécutive de DPWS◆Marché financier : GIC Rating avance ses pions sur le projet d’introduction en Bourse des ADC◆Bourse Nationale des Déchets : Le patronat accuse le ministère de l’Environnement d’outrepasser les arbitrages du gouvernement◆Ecobank confie à Korédé Odjo-Bella le pilotage régional des produits bancaires en Côte d’Ivoire et dans l’UEMOA◆Cameroun : La contrebande fragilise les circuits commerciaux dans la région du Nord◆Protection du littoral : Kribi recherche 4 milliards de FCFA pour une digue de 600 mètres◆Arrêt des subventions aux carburants : Le Cameroun continue de résister au FMI◆Transport aérien : La Libye envisage de réactiver une liaison avec le Cameroun◆Santé & Finance : BGFIBank Cameroun et Gima-Bambot MedTech réinventent le modèle de transformation hospitalière◆Bvmac : Zéro transaction pour la deuxième séance consécutive◆Pesage portuaire : Etienne Ndzana A Ekite accède à la direction exécutive de DPWS◆Marché financier : GIC Rating avance ses pions sur le projet d’introduction en Bourse des ADC◆Bourse Nationale des Déchets : Le patronat accuse le ministère de l’Environnement d’outrepasser les arbitrages du gouvernement◆Ecobank confie à Korédé Odjo-Bella le pilotage régional des produits bancaires en Côte d’Ivoire et dans l’UEMOA◆Cameroun : La contrebande fragilise les circuits commerciaux dans la région du Nord◆Protection du littoral : Kribi recherche 4 milliards de FCFA pour une digue de 600 mètres◆Arrêt des subventions aux carburants : Le Cameroun continue de résister au FMI◆Transport aérien : La Libye envisage de réactiver une liaison avec le Cameroun◆Santé & Finance : BGFIBank Cameroun et Gima-Bambot MedTech réinventent le modèle de transformation hospitalière◆Bvmac : Zéro transaction pour la deuxième séance consécutive◆Pesage portuaire : Etienne Ndzana A Ekite accède à la direction exécutive de DPWS
L'Economie Business Summit 2026
EBS

Digitalisation fiscale au Cameroun : La Direction Générale des Impôts opère sa mue

La Rédaction13 mai 2026Mis à jour le 13 mai 2026Temps de lecture 4 min
Digitalisation fiscale au Cameroun : La Direction Générale des Impôts opère sa mue
L'ECONOMIE

Dans un contexte marqué par la volatilité des ressources pétrolières, les finances publiques de nombreux Etats africains, en l’occurrence le Cameroun, restent exposés à des chocs économiques externes susceptibles d’affecter fortement leur stabilité budgétaire. La dépendance à ces ressources dont les prix fluctuent selon les tensions géopolitiques et les dynamiques du marché international, constitue un défi majeur pour la planification et la soutenabilité des politiques publiques. Le Cameroun mise désormais sur le numérique pour améliorer la mobilisation de ses recettes internes.

Une réforme engagée depuis plus d’une décennie

La modernisation fiscale s’est accélérée à partir de l’exercice fiscal 2016, avec l’introduction progressive de la télédéclaration et du télépaiement pour les contribuables de la Direction des Grandes Entreprises (DGE). Cette réforme visait entre autres à réduire les délais administratifs, sécuriser les recettes et limiter les interactions physiques entre contribuables et agents fiscaux. À partir de 2022, ces dispositifs ont été progressivement étendus aux Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (anciens Centres Divisionnaires des Impôts), marquant une généralisation de la digitalisation sur l’ensemble du territoire.

Une hausse significative des contribuables et des recettes

Les effets de cette transformation commencent à se faire véritablement sentir. Selon les données du Ministère des Finances, le nombre de contribuables actifs est passé d’environ 138 000 en 2021 à plus de 234 000 en 2023, soit une progression de près de 70 % en deux ans. Sur la même période, les recettes fiscales ont connu une forte dynamique. Elles sont passées d’environ 855 milliards FCFA en 2010 à plus de 2 600 milliards FCFA en 2023, avant d’atteindre près de 2 900 milliards FCFA en 2024, dépassant les prévisions initiales du Gouvernement. Cette performance est largement attribuée à l’amélioration des systèmes de recouvrement et à la réduction progressive de la fraude fiscale grâce aux outils numériques.

Le numérique au cœur de la stratégie fiscale

La réforme ne se limite plus à la simple dématérialisation des déclarations. Depuis l’exercice fiscal 2024, plusieurs attestations fiscales (attestations d’immatriculation, attestations de conformité fiscale, etc.) sont désormais délivrées exclusivement en ligne, renforçant la transparence et la traçabilité des opérations. Par ailleurs, un nouveau projet de modernisation du Système Intégré de Gestion des Impôts et Taxes (SIGIT), estimé à environ 4,7 milliards FCFA et soutenu par des partenaires techniques, vise à renforcer l’interconnexion des services fiscaux et l’automatisation des procédures.

L’essor du Mobile Money comme levier complémentaire

L’extension des services de Mobile Money a également contribué à transformer les comportements de paiement. Dans un pays où l’accès aux services bancaires reste limité, les solutions de paiement mobile facilitent progressivement le règlement des impôts et taxes, notamment pour les petits contribuables et les acteurs de l’économie informelle.

Une lecture théorique de la transformation

Selon les travaux de Don Tapscott sur l’économie numérique, la digitalisation transforme profondément les structures économiques et administratives. Manuel Castells souligne quant à lui l’émergence d’une société en réseau fondée sur la circulation de l’information. Enfin, les analyses de Paul Romer sur la croissance endogène montrent que l’innovation technologique constitue un moteur essentiel de la performance économique. Ces cadres théoriques permettent de mieux comprendre la dynamique actuelle de modernisation du système fiscal camerounais.

Des défis encore importants

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles persistent. Les inégalités d’accès à Internet, les coupures d’électricité, le faible niveau de littératie numérique et la résistance au changement freinent encore l’efficacité globale des réformes. À cela s’ajoutent les enjeux de cybersécurité et la nécessité de protéger les données fiscales dans un environnement de plus en plus digitalisé.

Perspectives et recommandations

Pour consolider les acquis de la réforme, plusieurs pistes sont envisagées. Il s’agit entre autres de renforcer les infrastructures numériques et énergétiques, d’intensifier la formation des agents fiscaux et des contribuables, d’intégrer davantage le Mobile Money dans les paiements fiscaux, d’améliorer la cybersécurité des plateformes, et d’accélérer la formalisation du secteur informel.

La digitalisation de la fiscalité au Cameroun marque une étape importante dans la modernisation de l’État. Au-delà de l’innovation technologique, elle constitue un levier stratégique de transparence, de performance et de souveraineté financière.

Serge Patrice Ekombo ; Expert en Gestion de la Politique Economique (GPE) ; Master en GPE, Master en Finance et Ingénierie Financière ; Master en Economie Monétaire et Bancaire ; Certifications Internationales en Management Administratif et Financier et en Management des RH

Recevez notre briefing économique

Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail

Tags :AfriqueCamerounCEMACDGI
Partager :FacebookXWhatsApp
Souscrivez à un abonnement numérique annuel à 50 000 FCFA