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Cameroun : Les surfaces dédiées à l’agriculture biologique progressent de 108 % depuis 2019

Jean Daniel Obama19 août 2026Mis à jour le 19 août 2026Temps de lecture 3 min
Cameroun : Les surfaces dédiées à l’agriculture biologique progressent de 108 % depuis 2019
L'ECONOMIE

En six ans, les superficies consacrées à l’agriculture biologique ont plus que doublé, passant de 12 000 hectares en 2019 à environ 25 000 hectares à fin 2025. Une progression qui traduit l’essor de pratiques agricoles alternatives, mais dont le développement reste confronté au coût de la certification et aux exigences des marchés internationaux.

L’agriculture biologique gagne progressivement du terrain au Cameroun. Ce mode de production repose sur le respect des cycles naturels et de la biodiversité et exclut notamment le recours aux pesticides et engrais de synthèse ainsi qu’aux organismes génétiquement modifiés (OGM).

Selon les données compilées par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) et le Service d’appui aux initiatives locales de développement (SAILD), les superficies consacrées à l’agriculture biologique sont passées d’environ 12 000 hectares en 2019 à 25 000 hectares à fin 2025. Soit une progression de 13 000 hectares en six ans.

Cette dynamique s’accompagne d’une amélioration de certaines pratiques agricoles. Dans la localité de Foumban, dans la région de l’Ouest, l’utilisation du compost aurait ainsi permis d’accroître de 25 à 35 % la matière organique des sols sur une période de trois ans.

L’agriculture biologique commence également à se traduire en recettes à l’export. Le Cameroun aurait exporté pour près de 10 milliards de FCFA de produits certifiés biologiques, soit une hausse de 22 %. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas et les Émirats arabes unis figurent parmi les principales destinations. Le cacao et le poivre de Penja représenteraient à eux seuls 70 % de cette valeur.

Trois principaux pôles de production

La production biologique camerounaise demeure concentrée autour de quelques filières. Le cacao arrive en tête avec environ 14 000 hectares, principalement dans les régions du Sud-Ouest et du Centre. Près de 85 % de cette production biologique serait destinée à l’exportation.

Le miel constitue un autre segment important, avec environ 6 000 hectares correspondant aux zones de butinage certifiées, notamment dans l’Adamaoua et l’Ouest. Les épices et les cultures maraîchères représentent, pour leur part, environ 5 000 hectares. Cette catégorie comprend notamment le poivre de Penja, le gingembre et différentes productions légumières autour de Foumban et de Buea.

Pour les producteurs, l’accès aux marchés internationaux reste toutefois conditionné par la certification. L’obtention du label biologique de l’Union européenne demeure particulièrement coûteuse. Elle peut représenter entre 2 et 3 millions de FCFA pour un groupement de producteurs, un montant susceptible de limiter l’accès des petites exploitations aux marchés à forte valeur ajoutée.

Au-delà de la certification, le modèle biologique soulève plusieurs enjeux. Il peut contribuer à la préservation des sols, à la réduction de l’usage des intrants chimiques et à la diversification des débouchés. Mais son développement se heurte également à la question des rendements, au coût de la mise en conformité avec les normes, à la charge de travail et à l’évaluation réelle de son bilan environnemental.

Un marché mondial en expansion

Cette progression s’inscrit dans un marché mondial en forte croissance. Selon le Research Institute of Organic Agriculture (FiBL) et la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), le marché mondial des produits biologiques a connu une expansion soutenue au cours des dernières décennies, pour atteindre une valeur estimée à 136 milliards d’euros, soit environ 90 000 milliards de FCFA.

Pour le Cameroun, l’enjeu consiste désormais à transformer l’augmentation des superficies en une véritable chaîne de valeur. L’amélioration de l’accès à la certification, la structuration des producteurs, la traçabilité et la capacité à répondre aux normes des marchés internationaux seront déterminantes pour permettre à la filière de dépasser le stade de production de niche et de capter une part plus importante de la demande mondiale.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueAgricultureCamerounCEMAC
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