BVMAC : Le piège du spread paralyse les transactions malgré le retour des acheteurs

Le mercredi 2 septembre 2026, l’écart irréconciliable entre les prix demandés par les acheteurs et ceux exigés par les vendeurs a bloqué plusieurs dossiers majeurs, laissant l’indice de référence à l’arrêt complet.
La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) a clôturé sa séance du mercredi 2 septembre 2026 sur un constat récurrent : celui d’une liquidité en trompe-l’œil. Si le marché enregistre une valeur globale transigée de 7,49 millions de FCFA sur le compartiment des actions, la réalité opérationnelle révèle un marché grippé par la rigidité des carnet d’ordres et l’incapacité des contreparties à s’accorder sur la valeur des actifs.
L’indice phare, le BVMAC All Share Index, s’affiche une nouvelle fois dans une immobilité parfaite à 1 154,18 points (0,00%). La totalité du volume financier de la journée repose sur deux lignes seulement le mercredi 2 septembre 2026. Ce ne sont ni BGFI Holding Corporation ni SAFACAM. Mais la Société Camerounaise de Palmeraies (SOCAPALM), qui a drainé 5,45 millions de FCFA pour 109 titres échangés à 50 000 FCFA, et la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG-Ré), qui comptabilise 2,04 millions de FCFA transigés sur 102 actions échangées à 20 000 FCFA. Dans les deux cas, les cours de clôture demeurent rigoureusement identiques à ceux de la veille, traduisant un manque total de profondeur spéculative.
Le symptôme le plus révélateur de cette séance réside dans la frustration des ordres en attente. Le carnet d’ordres laisse apparaître une présence effective d’acheteurs sur SAFACAM qui bascule d’un carnet à sens unique vers un carnet à double sens avec 496 titres demandés contre 37 désormais offerts ou sur BGFI Holding Corporation qui cumule 225 titres recherchés à l’achat contre 100 offerts à la vente, en hausse par rapport aux 132 de la veille et aux 199 de lundi. Toutefois, aucune transaction n’a pu s’imprégner dans la cote officielle. La raison de ce blocage est l’écart des prix d’achat systématiquement inférieurs aux attentes des vendeurs.
Une situation qui bloque la concrétisation des volumes et neutralise le rôle de confrontation de l’offre et de la demande censé prévaloir sur un marché boursier. Autrement dit, avoir des ordres des deux côtés ne suffit plus à garantir l’échange dès que l’écart de prix ne se résorbe pas. Sur le compartiment des obligations, le blocage est plus profond. Lui qui avait produit une transaction lundi et une autre mardi, n’en enregistre aucune ce mercredi, une première sur la semaine. L’encours global des titres de créance, qui culmine à 1 226,6 milliards de FCFA répartis sur 31 lignes étatiques et privées, enregistre un zéro absolu en matière de transactions. La pratique ancrée du buy and hold par les institutionnels (compagnies d’assurances et banques) prive le marché secondaire de toute dynamique de revente avant maturité.
Sans mécanisme d’animation de marché efficace pour réduire ces frictions de carnet, la place financière de Douala risque de maintenir son capital flottant, actuellement fixé à 122,7 milliards de FCFA, dans un engourdissement chronique, très loin des ambitions d’intégration financière de la sous-région.
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