C2D : 967,4 milliards de FCFA engagés, 871 milliards décaissés en vingt ans

Vingt ans après son lancement, le Contrat de désendettement et de développement a financé des infrastructures, des programmes agricoles et des services publics au Cameroun.
Du 24 au 27 octobre 2026, Douala a accueilli les célébrations des vingt ans du Contrat de désendettement et de développement (C2D), dispositif de coopération financière entre le Cameroun et la France. Depuis 2006, les trois contrats successifs représentent une enveloppe de 967,4 milliards de FCFA. Sur ce montant, 944,8 milliards ont été remboursés par le Cameroun et 871 milliards décaissés pour financer des projets et programmes, selon les données communiquées par le ministère des Finances.
Le mécanisme repose sur la reconversion des remboursements de dette en dons destinés au développement. Les ressources ont été réparties entre 54 conventions de financement. Les infrastructures et le développement territorial ont bénéficié de 339 milliards de FCFA, tandis que l’agriculture et le développement rural ont reçu 222 milliards. Les appuis budgétaires sectoriels représentent, pour leur part, 128 milliards de FCFA.
À Douala, des investissements urbains structurants
Dans la capitale économique, le programme C2D-Urbain, doté d’environ 51,5 milliards de FCFA, a contribué à la réhabilitation de voiries et au désenclavement de plusieurs quartiers, notamment Ndogbong, Bépanda et Makèpè Missokè. Le dispositif a également participé au financement du deuxième pont sur le Wouri, à hauteur d’environ 21,6 milliards de FCFA.
Le drainage pluvial constitue un autre investissement majeur. D’un coût global d’environ 109 milliards de FCFA, le projet a bénéficié d’une subvention C2D de 11,81 milliards, d’un prêt de l’Agence française de développement (AFD) de 73,46 milliards et d’une contribution de l’État camerounais de près de 24 milliards. Il comprend notamment l’aménagement de canaux, d’exutoires et de voies de desserte destinés à améliorer l’écoulement des eaux et les conditions de vie dans les quartiers riverains. L’AFD fait état de 725 emplois directs créés dans le cadre du projet.
Les retombées du mécanisme s’étendent à d’autres secteurs dans le Littoral. Le C2D a notamment soutenu l’hôpital Saint-Jean-de-Malte de Njombé, le programme d’amélioration de la compétitivité des exploitations familiales agropastorales (ACEFA) et la formation professionnelle des jeunes à travers le programme AFOP.
L’après-C2D en question
Le troisième contrat, signé en juin 2016 et doté d’environ 401 milliards de FCFA, est le dernier du dispositif. Au 9 juin 2026, il ne restait plus que 22,6 milliards de FCFA à rembourser par le Cameroun. Le compte C2D disposait par ailleurs de ressources déjà versées mais pas encore décaissées pour les projets, ce qui distingue le calendrier de remboursement de celui de l’exécution des investissements.
La fin du mécanisme soulève ainsi la question de la continuité des financements. Les infrastructures réalisées nécessiteront de l’entretien, tandis que les programmes de développement devront trouver des ressources pour prolonger leurs acquis. Le bilan des vingt ans ne se mesure donc pas seulement aux sommes remboursées ou investies, mais aussi à la capacité des pouvoirs publics à maintenir les services et les équipements financés une fois les ressources du C2D épuisées.
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