Aéroports du Cameroun : 656 incidents liés au péril aviaire et animalier entre 2019 et 2026
PremiumLes aéroports de Douala et Yaoundé-Nsimalen concentrent l’essentiel des événements enregistrés entre janvier 2019 et juin 2026. Le gouvernement veut renforcer la prévention face à un risque qui affecte la sécurité des vols et génère des coûts pour les compagnies aériennes.
Le Cameroun veut réduire l’exposition de ses plateformes aéroportuaires au péril aviaire et animalier. Réuni à Yaoundé le 10 septembre 2026 pour sa première session ordinaire, le Comité national de prévention du risque aviaire et animalier ( Les aéroports de Douala et Yaoundé-Nsimalen concentrent l’essentiel des événements enregistrés entre janvier 2019 et juin 2026. Le gouvernement veut renforcer la prévention face à un risque qui affecte la sécurité des vols et génère des coûts pour les compagnies aériennes. Le Cameroun veut réduire l’exposition de ses plateformes aéroportuaires au péril aviaire et animalier. Réuni à Yaoundé le 10 septembre 2026 pour sa première session ordinaire, le Comité national de prévention du risque aviaire et animalier (CNPRA), présidé par le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibèhé, a examiné les mesures à mettre en œuvre pour limiter les incidents liés à la présence d’oiseaux et d’animaux sur les aéroports du pays. Selon les statistiques de l’Autorité aéronautique présentées à cette occasion, 656 événements de sécurité liés au péril animalier ont été enregistrés entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2026. Plus de la moitié ont été recensés à l’aéroport international de Douala, tandis que Yaoundé-Nsimalen concentre plus du tiers des cas. Le risque reste particulièrement marqué sur certaines plateformes. Au premier semestre 2026, le taux d’impacts rapporté au trafic aérien fait apparaître une progression à Garoua, Yaoundé-Nsimalen et Douala. « Le péril animalier demeure une menace réelle, permanente et susceptible d’affecter gravement la sécurité des opérations aériennes », a relevé le ministre des Transports. Sur les 656 événements recensés, 18 incidents graves ont directement affecté les opérations des compagnies aériennes. Ils ont notamment entraîné des dommages sur des aéronefs, des interruptions de décollage, des retours d’urgence, des annulations de vols et des immobilisations prolongées. La compagnie nationale Camair-Co figure parmi les transporteurs concernés, aux côtés de compagnies internationales. Pour la directrice générale de la Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA), Paule Assoumou Koki, le problème tient largement à l’environnement immédiat des plateformes. « Si nous avons des cultures vivrières autour des aéroports, il y a une attraction d’oiseaux. Si nous avons des ordures ménagères, il y a une attraction d’oiseaux. Si nous avons des activités d’élevage, on a des périls animaliers avec des animaux qui traversent la piste », explique-t-elle. La gestion du risque passe ainsi par la maîtrise des activités et des occupations autour des plateformes : agriculture, élevage, pâturage, dépôts d’ordures et autres occupations du domaine aéroportuaire susceptibles d’attirer la faune. Dès 2015, un audit de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) avait classé les aéroports de Douala et de Yaoundé-Nsimalen parmi les plateformes présentant un niveau de risque élevé lié à ces intrusions. Au-delà de la sécurité, le péril animalier représente un coût pour les compagnies aériennes et les plateformes. Un impact nécessitant l’inspection d’un moteur peut provoquer un retard ou une annulation de vol, tandis que les dommages causés à un aéronef peuvent entraîner son immobilisation pendant plusieurs heures, voire davantage. Pour le ministre des Transports, l’accumulation de ces perturbations peut également affecter l’attractivité du secteur aérien et l’image du pays. « À la longue, tout cela a un impact sur l’image du pays. Ça ne rassure pas les compagnies aériennes ni les opérateurs économiques », a-t-il déclaré. Le gouvernement entend donc inscrire la prévention du risque aviaire et animalier dans une approche plus large associant sécurité aérienne et performance des plateformes. Le CNPRA appelle notamment à une coordination accrue entre les administrations, les collectivités territoriales, les autorités locales et les populations riveraines afin de réduire les facteurs favorisant la présence de la faune autour des aéroports.Un risque lié à l’environnement des aéroports
Des conséquences économiques
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