Le 31 mars 2026, Afreximbank a officialisé au Caire en Egypte, sa participation à hauteur de 1 431 milliards de FCFA (63%) dans un prêt syndiqué à terme de 2 288 milliards de FCFA accordé à Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). Un ticket qui en fait le premier contributeur du consortium, devant Access Bank, désignée co-arrangeur principal avec l’institution panafricaine.
La structure retenue est un crédit senior d’une durée de cinq ans. L’objectif n’est pas de financer de nouvelles infrastructures, mais de rationaliser les dettes existantes, d’alléger le bilan et d’aligner le passif financier sur la trajectoire opérationnelle de la raffinerie. DPRP tourne depuis février 2024 et affiche une capacité de 650 000 barils par jour, ce qui en fait le plus grand complexe de raffinage du continent.
Pour Afreximbank, ce n’est pas une première mise. Depuis le lancement des activités, la banque a déjà accordé une facilité de fonds de roulement de 572 milliards de FCFA à la raffinerie, et elle a joué un rôle de conseil dans l’initiative « Naira-for-Crude ». Ce mécanisme permet à la raffinerie d’acheter du brut et de vendre ses produits en nairas, sans recourir aux devises étrangères. Une réponse directe à la crise de liquidité en dollars qui a longtemps fragilisé le secteur énergétique nigérian. Au total, depuis 2015, Afreximbank dit avoir engagé environ 8 580 milliards de FCFA dans le groupe Dangote.
Le président du conseil d’administration de la banque, le Dr George Elombi, a cadré la transaction dans une logique de souveraineté économique. Car selon lui, investir dans les entreprises africaines, « relève d’une nécessité pour réduire la dépendance du continent vis-à-vis de financements extérieurs ». De son côté, Aliko Dangote a présenté ce refinancement comme « un levier pour préparer la prochaine phase de développement du complexe ».
L’opération intervient dans un contexte où l’Afrique subsaharienne peine encore à couvrir ses besoins en produits pétroliers raffinés par une production locale. La raffinerie Dangote, si elle tient ses promesses en termes de volumes, pourrait réorienter des flux d’importation qui pesaient sur les balances commerciales de nombreux pays africains. Le prêt syndiqué, qui a mobilisé un consortium d’établissements africains et internationaux, traduit une confiance des marchés dans la viabilité de ce modèle.
Pour Afreximbank, l’enjeu va au-delà du seul dossier Dangote. En portant le financement industriel à cette échelle, la banque affirme une posture de bailleur de développement capable de rivaliser avec les institutions de Bretton Woods sur les grands projets structurants du continent.


