Durant le troisième trimestre 2025, les conditions d’accès au financement se sont considérablement durcies pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac). Cette tendance, mise en exergue par le dernier rapport de Politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), témoigne d’une hausse généralisée du coût de l’argent dans un environnement marqué par la prudence accrue des institutions financières.
De fait, le Taux Effectif Global (TEG) moyen, qui englobe les intérêts ainsi que les divers frais et commissions, a progressé de 11,80 % à 12,34 % sur la période sous revue. Parallèlement, le taux nominal moyen a suivi une trajectoire ascendante, passant de 6,81 % au deuxième trimestre à 7,00 % au troisième trimestre.
L’analyse par segment d’emprunteurs révèle que les PME restent la catégorie subissant les conditions les plus onéreuses avec un TEG moyen de 23,19 %, malgré un infime repli par rapport aux 23,34 % enregistrés précédemment. Elles sont suivies par les particuliers, dont le coût du crédit s’est aggravé pour atteindre 16,65 % contre 15,39 % au trimestre antérieur. À l’opposé, les grandes entreprises et les administrations publiques bénéficient toujours des conditions les plus favorables, affichant respectivement des taux de 8,89 % (contre 8,77 % auparavant) et de 8,72 % (contre 10,08 % au trimestre précédent).
Dans cette même dynamique, la banque centrale souligne l’élargissement de l’écart entre les taux nominaux et les taux effectifs globaux, indicateur d’une inflation des frais annexes. Ce « spread » s’est établi globalement à 5,34 % au troisième trimestre 2025, contre 4,99 % précédemment. Si les grandes entreprises, les autres personnes morales et les administrations publiques affichent les marges les plus réduites (respectivement 3,04 %, 3,08 % et 1,35 %), le segment des particuliers supporte l’écart le plus élevé avec un pic de 14,96 %.
La géographie du crédit en zone Cemac demeure marquée par une forte hétérogénéité des tarifs durant ce troisième trimestre 2025. Le Gabon (27,25 %), la Guinée Équatoriale (15,69 %) et la RCA (13,19 %) présentent les taux effectifs globaux les plus hauts, dépassant largement la moyenne communautaire de 12,34 %. En revanche, le Tchad (5,49 %), le Cameroun (8,72 %) et le Congo (9,55 %) se maintiennent sous ce seuil, offrant les conditions de financement les plus accessibles de la région.
Il convient de souligner que cette dégradation des conditions de crédit pourrait entraver sérieusement la capacité d’investissement et de développement des PME, alors même qu’elles représentent un moteur essentiel de la croissance économique sous-régionale.


