La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) poursuit son processus d’intégration au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS). Cette orientation, déjà engagée par l’institut d’émission de la Cemac, a été rappelée le 1er juin 2026 à Yaoundé par Mike Ogbalu III, directeur général du PAPSS, lors du lancement institutionnel de la cinquième édition du Pro Meet Up (PML5).

Intervenant devant des responsables publics, des institutions régionales et des opérateurs économiques, le dirigeant du PAPSS a indiqué que la banque centrale de la Cemac a entamé son intégration à cette infrastructure continentale de paiement, mise en place pour faciliter les transactions commerciales intra-africaines dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Cette évolution doit permettre aux six États membres de la Cemac d’accéder à un réseau qui autorise l’exécution et le règlement de paiements transfrontaliers en monnaies locales, sans passer par des banques correspondantes situées hors du continent.

Selon Mike Ogbalu III, la réduction des délais de règlement constitue l’un des principaux leviers de développement des échanges intra-africains. Le PAPSS vise à effectuer les règlements en quelques minutes, contre plusieurs jours dans certains circuits traditionnels. Le système a été développé par la banque panafricaine d’import-export Afreximbank avec le soutien de l’Union africaine et du Secrétariat de la ZLECAf.

Pour la Cemac, l’enjeu porte sur la fluidification des paiements régionaux et continentaux. Malgré l’existence d’une union monétaire, le commerce intracommunautaire demeure limité. Les contraintes logistiques, administratives et financières continuent de peser sur les échanges entre les États de la sous-région. Le PAPSS est présenté comme un outil susceptible de réduire une partie des coûts liés aux paiements transfrontaliers.

L’intégration de la BEAC s’inscrit dans une dynamique d’extension du réseau à l’échelle du continent. Depuis son lancement opérationnel, le PAPSS a progressivement élargi sa couverture à plusieurs régions africaines à travers l’adhésion de banques centrales, de banques commerciales et de systèmes nationaux de compensation. L’adhésion récente de nouvelles juridictions africaines traduit cette volonté d’interconnexion des systèmes de paiement au service de la ZLECAf.

À Yaoundé, la question des paiements a été intégrée aux réflexions du Pro Meet Up 5 consacrées aux corridors économiques. Les organisateurs défendent une approche associant infrastructures de transport, plateformes logistiques, chaînes de valeur et mécanismes de paiement. Un corridor pilote reliant Douala, N’Djamena, Bangui et Port-Gentil doit servir de cadre de travail pour l’élaboration d’une feuille de route attendue dans les prochains mois.

La confirmation du processus d’intégration de la BEAC au PAPSS marque ainsi une étape dans le rapprochement de l’Afrique centrale avec les infrastructures financières déployées à l’échelle continentale. Une fois l’intégration achevée, les acteurs économiques de la Cemac pourront accéder à un mécanisme de règlement connecté aux autres marchés africains participant au réseau PAPSS.

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