Le 6 mars 2026, la compagnie Gulfcam SAS a annoncé la relance du cabotage conteneurisé entre le Port autonome de Kribi (PAK) et le Port autonome de Douala (PAD), sous la marque CAMSHIP, héritière de la Cameroon Shipping Lines fondée en 1974. Gulfcam est née en 2021 de la fusion entre le pétrolier Gulfin et le caboteur Camship-CLGG. L’entreprise se positionne comme la première société nationale dans un secteur dominé par des opérateurs étrangers.
Le contexte justifie l’initiative. Plus de 60 % des conteneurs entre Kribi et Douala transitent par les nationales N°3 et N°7. Ce trafic de poids lourds accélère la dégradation des infrastructures routières et accroît les risques d’accidents. Le transport maritime offre une fiabilité calendaire supérieure et une structure de coûts plus attractive que le transport routier, souvent soumis à la congestion et aux frais annexes.
L’Atlantic Runner II, cargo de 180 mètres avec une capacité de 1 100 EVP, quatre grues embarquées et une vitesse de 18 nœuds, est stationné à Kribi depuis le 27 février. Le navire n’a pas encore chargé. Selon le document transmis par Gulfcam, les procédures douanières applicables ont été élaborées et validées par toutes les administrations concernées. La Douane a engagé les travaux d’intégration. Mais le cargo reste à quai.
L’obstacle porte sur les négociations avec les grandes lignes maritimes. Le document de Gulfcam indique que des contacts ont été engagés avec l’ensemble des armateurs présents au Cameroun, que certains ont exprimé un intérêt de principe, et que d’autres en sont encore à l’étude des conditions économiques. Ces négociations se poursuivent sous l’encadrement du ministère des Transports.
Le ministère, sous la conduite de Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, penche vers l’établissement de quotas de trafic, en considération des capacités des quatre acteurs en activité au Cameroun. Une position qui traduit la sensibilité du dossier face aux grands armateurs internationaux.
À terme, Gulfcam vise l’acquisition de six navires pour capter 50 % du fret entre les deux ports, avec une rotation de dix jours par aller-retour et un volume cible de 2 000 EVP par voyage. Selon l’entreprise, plusieurs industriels ont indiqué leur disposition à figurer parmi les premiers chargeurs. Les recettes fiscales attendues et les emplois annoncés dépendent d’une seule condition : que l’Atlantic Runner II appareille.
