Télécommunications au Gabon : La 5G entre en service, le défi de la qualité demeure

Le lancement commercial de la nouvelle technologie ouvre un nouveau front concurrentiel pour Moov Africa Gabon Télécom et Airtel Gabon. La couverture effective et la stabilité des réseaux restent les principaux critères d’appréciation.
Moov Africa Gabon Télécom a lancé son réseau de cinquième génération (5G) le 26 octobre 2026 dans le Grand Libreville et à Port-Gentil. Cette mise en service intervient après plus d’un an de concertation avec les pouvoirs publics et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP). Pour son directeur général, Zouheir Jorio, cette évolution dépasse le seul cadre technique. Elle doit améliorer les usages numériques des particuliers, des entreprises et des administrations. L’extension de la couverture à d’autres localités dépendra toutefois des investissements nécessaires au déploiement des infrastructures.
La concurrence s’est rapidement positionnée. Airtel Gabon a annoncé, dès le lendemain, la disponibilité de son réseau 5G à Libreville, Akanda, Owendo, Ntoum et Port-Gentil. Les deux opérateurs disposent ainsi de ressources en fréquences attribuées par l’ARCEP pour le déploiement de cette technologie. Le marché mobile reste dominé par ces deux acteurs. Au premier trimestre 2025, Moov Africa Gabon Télécom détenait 51,12 % du parc, avec 1,63 million d’abonnements, contre 48,88 % pour Airtel Gabon, soit environ 1,55 million. Ces données constituent la dernière photographie de marché mobilisée ici et ne renseignent pas sur les positions à fin octobre 2026.
Le régulateur avait préparé cette évolution. En décembre 2025, son président, Célestin Kadjidja, avait échangé avec les dirigeants des deux opérateurs sur les conditions d’introduction de la 5G. L’ARCEP a ensuite donné un avis favorable à son déploiement et procédé à l’attribution des ressources en fréquences. La mise en service du 26 octobre marque ainsi l’aboutissement d’un processus réglementaire et technique engagé depuis plus d’un an.
Au-delà des débits supérieurs et de la latence réduite, la technologie ouvre des perspectives pour de nouveaux usages. L’accès fixe sans fil (FWA), qui permet de fournir une connexion Internet fixe par voie radio, peut notamment compléter la fibre optique dans les zones où son déploiement reste difficile ou coûteux. Son adoption dépendra toutefois des offres commerciales, de la couverture et des équipements disponibles.
La qualité de service comme point de contrôle
La nouvelle technologie arrive dans un secteur où les performances des réseaux existants restent sous surveillance. Les audits conduits par l’ARCEP ont relevé des insuffisances dans le respect des obligations de couverture des communes et des axes routiers. En 2023, une campagne de mesures avait porté sur 49 communes administratives et 55 axes. Un autre bilan, présenté en juillet 2024, faisait état de manquements persistants sur plusieurs axes routiers, malgré les investissements des opérateurs.
Le régulateur a renforcé son dispositif de contrôle et d’écoute des usagers. Le 20 août 2026, il a présenté l’application DQoS Gabon, qui permet aux abonnés de signaler les incidents et les problèmes de qualité rencontrés sur les réseaux. Le numéro court 1331 a également été réactivé pour informer et orienter les consommateurs. Un comité d’échanges avec les opérateurs et les associations de consommateurs doit contribuer au suivi des préoccupations des abonnés et des obligations des acteurs du secteur.
Le lancement de la 5G ne suffira donc pas à établir la performance des réseaux gabonais. Les débits annoncés devront se traduire par une connexion stable, une couverture accessible et des tarifs adaptés. Pour Moov Africa Gabon Télécom comme pour Airtel Gabon, l’extension géographique du service et les résultats des contrôles de qualité donneront la mesure des progrès accomplis.
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