Le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) a lancé un avis de sollicitation à manifestation d’intérêt en vue de présélectionner les cabinets et bureaux d’études appelés à participer à un appel d’offres national restreint portant sur la mise en œuvre du contrôle interne et l’élaboration d’outils de gouvernance au sein de l’administration.
Selon le document publié par la Structure interne de gestion administrative des marchés (SIGAMP), la mission vise à doter le département ministériel d’un dispositif formalisé de contrôle interne adapté à ses missions, ainsi que d’instruments normatifs et opérationnels destinés à renforcer le pilotage de l’institution.
Une réforme alignée sur les exigences de gouvernance publique
Le Minesup justifie cette initiative par la volonté de renforcer la transparence, la performance administrative et la maîtrise des risques au sein de ses services. L’étude attendue devra non seulement établir un diagnostic du dispositif existant, mais également proposer les mécanismes organisationnels, procéduraux et documentaires nécessaires à son opérationnalisation.
L’opération s’inscrit dans le cadre plus large des réformes de gestion publique engagées depuis plusieurs années par les États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Les directives communautaires relatives à la transparence et à la bonne gouvernance imposent aux administrations publiques de renforcer leurs systèmes de contrôle, d’audit et de reddition des comptes.
Les autorités camerounaises ont progressivement intégré ces exigences à travers la réforme du régime financier de l’État, la généralisation du budget-programme et l’adoption de nouvelles règles de gouvernance publique. L’objectif consiste à améliorer la performance des administrations tout en renforçant la responsabilité des gestionnaires publics.
Pour conduire cette mission, le futur prestataire devra mobiliser une équipe pluridisciplinaire comprenant notamment un expert en audit et contrôle interne, un spécialiste des finances publiques et du management administratif, ainsi qu’un expert en sociologie des organisations. Les cabinets candidats devront démontrer des références dans la conduite d’études similaires au cours des dix dernières années.
Les offres techniques seront évaluées sur une base de 100 points. Les critères porteront notamment sur l’expérience du cabinet, la qualification des experts proposés, la méthodologie d’intervention et les moyens matériels mobilisés. Un seuil minimal de 70 points sera exigé pour être retenu.
Au-delà de la seule conformité réglementaire, le projet traduit la volonté du Minesup de renforcer ses capacités de pilotage dans un environnement marqué par des exigences croissantes de performance, de transparence et d’efficacité de l’action publique. Pour l’administration, l’enjeu consiste désormais à disposer d’outils capables d’améliorer la prise de décision, de sécuriser les processus administratifs et de renforcer la confiance des parties prenantes dans la gestion des ressources publiques.
