L’économie de la zone CEMAC repose sur un gisement financier encore sous-exploité par les circuits officiels. Invité du troisième épisode de Inside FINANCE, un programme produit par LeadHer Media en partenariat avec L’Economie Media Group, Patrick Fomethe, directeur général de Kori Asset Management, a déconstruit, point par point, les préjugés autour des tontines et des Fonds Communs de Placement.

Parlant de la Tontine, la problématique majeure pour lui réside dans la temporalité des cycles financiers. Les cotisations tontinières s’étendent sur des périodes courtes, souvent de six à vingt-quatre mois. Patrick Fomethe observe que l’épargnant utilise généralement la totalité de sa perception pour solder des problématiques retenues jusqu’à l’échéance. Selon lui, cette approche enferme les ménages dans un cycle de renouvellement permanent sans constitution de capital.

De ce point de vue, la juxtaposition entre la caisse de secours et un véhicule d’investissement . Patrick Fomethe affirme : « Notre challenge en tant qu’asset manager c’est d’aider les gens à se projeter au-delà de 12 mois, au-delà de 3 ans, au-delà de 5 ans. » Il préconise d’allouer une fraction de l’épargne mensuelle à des produits financiers régulés pour couvrir des projets de vie tels que l’immobilier ou la retraite.

La question de la confiance demeure le pivot de cette transition. Dans le système traditionnel, la garantie est humaine, mais elle comporte des risques de gestion. Patrick Fomethe souligne les limites du modèle informel en précisant que « dans la tontine, malgré le fort ancrage social, culturel, moral, le risque repose sur l’homme ». Il oppose à cette vulnérabilité la structure des fonds communs de placement, où interviennent des gérants agréés et des commissaires aux comptes sous la surveillance du régulateur.

L’évolution du secteur passe par l’hybridation des modèles. Les tontines, lorsqu’elles sont constituées en associations, possèdent la capacité juridique de souscrire à des actifs financiers. Cette stratégie permet de valoriser la trésorerie dormante. Patrick Fomethe indique à ce sujet : « Le fond commun de placement ne reste qu’un outil de la tontine. » Cette synergie sécurise les fonds tout en maintenant le lien social propre aux réunions de quartier. « En tant qu’Asset Managers, nous sommes pour le renforcement du mécanisme des tontines », soutient-il.

Le marché financier cherche désormais à briser l’image d’un secteur réservé à une élite. Avec des tickets d’entrée accessibles dès 10 000 francs CFA, les fonds de placement s’adressent à la majorité de la population. Patrick Fomethe conclut sur la nécessité de cette mutation technique : « Les populations ont les clés de leur indépendance financière d’une part avec les tontines mais aussi avec les produits financiers qui sont régulés, encadrés, structurés. »

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