La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé le 23 janvier 2026, la fin de sa collaboration avec l’agence internationale de notation financière, Fitch Ratings. Tel un divorce fondé sur une divergence de lecture, Afreximbank estime que les analyses de Fitch ignorent son traité fondateur et ses protections multilatérales ratifiées par 53 États africains. « Notre profil opérationnel reste stable, ancré dans un mandat unique qui nous protège des aléas classiques », précise le communiqué officiel.

Cette rupture cristallise des tensions nées en juin 2025, lorsque Fitch avait abaissé la note à long terme de l’institution de BBB à BBB- (perspective négative) et la note à court terme de F2 à F3, invoquant des risques élevés et une gestion jugée insuffisante. Afreximbank avait alors dénoncé une analyse biaisée ignorant son statut multilatéral. Des agences asiatiques avaient, peu après, apporté un contrepoint.  Fin août 2025, la chinoise CCXI maintenait un AAA (stable), tandis que la Japan Credit Rating Agency (JCR) conservait un A- (stable) début septembre.

Cette rupture s’inscrit dans un mouvement plus large de défiance des acteurs africains envers les méthodes internationales, à l’instar du groupe Dangote Industries qui avait rompu avec Fitch en février 2025. Pour Afreximbank, l’enjeu est désormais d’intensifier sa communication pour rassurer les investisseurs qui pourraient exiger davantage de garanties sans cette notation. Pionnière du commerce intra-africain, Afreximbank gère le système de paiement PAPSS et un fonds d’ajustement de 10 milliards de dollars. Fin 2024, ses actifs et garanties atteignent 40,1 milliards de dollars, pour 7,2 milliards de fonds propres. L’institution conserve des notes solides chez Moody’s (Baa2), GCR (A), CCXI (AAA) et JCR (A-). Au-delà du cas spécifique, ce choix questionne la pertinence des outils traditionnels évaluant les institutions multilatérales africaines comme de simples entités privées. Selon le High Street Journal, ce « blueprint pour l’autonomie » est un signal fort contre les « notations punitives » qui renchérissent le coût de l’emprunt pour le continent.

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