Le Cameroun a perdu l’un de ses principaux artisans de son développement énergétique. Marcel Niat Njifendji, ancien directeur de la Société nationale d’électricité (Sonel) et ex-président du Sénat, est décédé ce vendredi 11 avril 2026 à Yaoundé à l’âge de 91 ans, des suites d’une longue maladie.

Si sa carrière politique l’a placé au sommet de l’État, c’est d’abord dans le secteur de l’énergie que son empreinte demeure la plus durable. Ingénieur des Ponts et Chaussées formé en France, Marcel Niat Njifendji rejoint la fonction publique dès 1960, au moment où le jeune État camerounais engage ses premiers chantiers de modernisation.

C’est à la tête de la Sonel, qu’il dirige pendant près de vingt ans en deux périodes (1974-1984 puis 1989-2001), qu’il joue un rôle décisif. Sous sa conduite, le Cameroun accélère son électrification et se dote d’infrastructures structurantes. Les barrages de Bamendjing, de Bakaou et de Lagdo voient le jour, tandis que la centrale hydroélectrique de Song Loulou est renforcée par un doublement du nombre de turbines, une décision stratégique qui permettra d’anticiper la croissance de la demande en électricité.

Cette politique volontariste se traduit concrètement par l’extension du réseau électrique à plus de 2 000 villes et villages. À une époque où l’accès à l’électricité conditionne l’industrialisation et l’aménagement du territoire, ces investissements contribuent à transformer durablement le paysage économique et social du pays.

Pour plusieurs de ses collaborateurs, Marcel Niat Njifendji incarnait une approche technocratique du développement, fondée sur l’anticipation et la maîtrise des grands projets. Son passage à la Sonel reste ainsi associé à une période d’expansion du réseau et de relative stabilité de l’approvisionnement énergétique.

Son parcours ne se limite toutefois pas au secteur de l’électricité. Après son passage à la Sonel, il occupe plusieurs fonctions gouvernementales, notamment comme ministre du Plan et vice-Premier ministre chargé de l’Énergie, avant de poursuivre sa carrière politique comme député, maire puis président du Sénat à partir de 2013.

Mais au-delà de ses responsabilités politiques, c’est bien son rôle dans la construction des infrastructures énergétiques qui marque durablement son héritage. À travers les barrages, les centrales et les réseaux qu’il a contribué à développer, Marcel Niat Njifendji laisse derrière lui une œuvre tangible, au cœur du fonctionnement quotidien du Cameroun.

Sa disparition intervient à un moment où la question énergétique reste un enjeu central pour le pays, confronté à une demande croissante et à des défis de modernisation de ses infrastructures. Elle rappelle le rôle déterminant qu’a joué une génération d’ingénieurs dans les premières décennies de l’indépendance, en posant les bases du développement national.

Avec Marcel Niat Njifendji disparaît ainsi un acteur clé de l’électrification du Cameroun, dont l’action continue d’éclairer, au sens propre comme au figuré, une grande partie du territoire.

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